‘’Ma conviction est que face aux marasmes économiques et politiques, il faut réinventer la politique au Sénégal’’, a-t-il dit au cours d’un débat organisé sur le thème : ‘’Quel avenir pour le Sénégal ?’’.
Le journaliste animait ce débat à l’Université Cheikh Anta Diop, en compagnie du sociologue Djiby Diakhaté, dans le cadre du 7-ème congrès ordinaire de l’Association des élèves et étudiants musulmans du Sénégal (AEEMS).
Selon Abdou Latif Coulibaly, le problème du Sénégal, c’est que tout semble être régenté par les hommes politiques, alors que ces derniers ont tendance à ’’confondre leurs biens aux biens publics’’.
Au moment même où les partis politiques sont en train de s’effondrer, selon M. Coulibaly, par ailleurs directeur de l’Institut supérieur des sciences de l’information et de la communication (Issic), ’’le pays est pris en otage par les hommes politiques, les intellectuelles et les marabouts’’.
Le journaliste réaffirme ainsi une thèse défendue dans un essai politique qu’il publié en 2006 et qui est consacré à la démocratie sénégalaise, ‘’prise en otage par ses élites’’, selon l’auteur.
Analysant la situation politique actuelle, Abdou Latif Coulibaly renvoie dos-à-dos pouvoir et opposition. D’après lui, ces deux ‘’chapelles’’ politiques tiennent tout simplement à préserver leurs propres intérêts au détriment des citoyens.
Cette situation est à l’origine du désintérêt manifesté par le peuple à l’endroit de la chose politique, a encore diagnostiqué M. Coulibaly qui a appelé les élites sénégalaises à une certaine prise de conscience qui permettrait au pays de sortir de son état actuel.
Mais le journaliste, qui exerce notamment comme grand reporter à Sud Quotidien, pense que ’’l’angélisme des valeurs traditionnelles’’ n’est pas non plus la réponse aux problèmes du pays.
‘’Je pense qu’il y a maintenant au Sénégal des raccourcis pour répondre à des questions en évoquant les valeurs traditionnelles. A force de se contempler, on risque de s’étioler’’, a-t-il prévenu.






