Un homme averti en vaut deux. C’est le moins qu’on puisse dire à la suite de l’avertissement que M. Amath Dansokho a lancé en direction des conseillers de la Coalition Benno Siggil Senegaal. Il a déclaré, hier, que « celui qui transhume aura affaire aux populations qui ne sont plus prêtes à se laisser faire ». Il a émis ces propos hier, lors de la réunion de crise tenue chez lui, en attendant la grande Assemblée générale de jeudi prochain. Cette assemblée réunira l’ensemble des chefs de partis de l’opposition, des ténors de la Coalition Benno Siggil Senegaal.
Hier, les leaders ont été en réunion de crise, à travers ce qu’ils appellent la « réunion technique de travail du groupe consultatif » pour réfléchir sur les orientations à prendre.
La rencontre a vu la participation de Amath Dansokho, Ousmane Tanor Dieng, Macky Sall, Abdoulaye Bathily, Madieyna Diouf, du représentant de Robert Sagna et de Charles Guèye de l’Initiative citoyenne pour la République (Icr). Même si pour le moment ses responsables ne le reconnaissent pas ouvertement, l’opposition, qui vient de remporter haut la main les élections locales du 22 mars, traverse d’énormes difficultés à l’interne. Et ce ne sont pas ces grosses pointures de la Coalition Benno Siggil Senegaal qui diront le contraire.
Cette « réunion technique de travail », rapidement convoquée pour tenter de rendre nul les possibilités d’une division de l’opposition, a été l’occasion de voir ce qu’il y a lieu de faire pour agir face à des problèmes liés à des guerres de positionnement dans les différentes collectivités locales remportées et d’éventuelles tentatives du pouvoir de récupérer certains de ses éléments. Les leaders de Benno Siggil Senegaal travaillent secrètement à remettre de l’ordre dans les rangs.
« Nous sommes tous d’accord pour le maintien de la cohésion au sein de l’opposition », tente de convaincre, en quelques mots, Amath Dansokho qui semble être dépassé par les événements. Et M. Dansokho de faire savoir : « Des batailles rangées, ça n’existe nul part au sein de Benno Siggil Senegal. » Amath Dansokho reste formel : « Le pouvoir tente partout de débaucher nos éléments, mais sans succès. » Il cite ainsi des cas de tentatives à Pikine, Saint-Louis, entre autres.
Source : L’observateur
