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« Affaire Farba Senghor » : Les révélations explosives de l’enquête

mercredi 3 septembre 2008

Inculpés hier et placés sous mandat de dépôt, c’est demain jeudi que Adama Dème, président du comité de soutien à Farba Senghor au niveau de l’hôpital Fann et agent recruteur des nervis ; Déthié Fall, Babacar Sarr dit « Gonz » et Abdoulaye Sow, respectivement garde du corps et chauffeurs de Farba Senghor, ainsi que les nervis qui ont mis à sac les locaux de « L’As » et de « 24 heures chrono » seront jugés devant le tribunal des flagrants délits. Compte tenu des éléments compromettants de l’enquête menée par la Sûreté urbaine (Su), ils risquent gros, complètements confondus qu’ils sont. Retour sur les révélations explosives de l’enquête des hommes du commissaire Modou Diagne.


Après trois retour de parquet, c’est finalement demain jeudi que les nervis, l’agent recruteur, les deux gorilles de Farba Senghor et le chauffeur de ce dernier seront jugés devant le tribunal des flagrants délits. Ils risquent gros, compte tenu des charges qui pèsent sur eux et de leurs aveux consignés sur procès-verbal par les enquêteurs de la Sûreté urbaine (Su). En attendant l’issue de la procédure spéciale qui vise l’ancien ministre des Transports aériens et de l’Artisanat dont le sort dépend maintenant du procureur général prés la Cour de cassation.

L’enquête des hommes du commissaire Modou Diagne, aujourd’hui bouclée, révèle ses secrets. Et il y a de quoi se soulager puisqu’en dehors du commanditaire, tous les nervis et les personnes ayant participé de prés ou de loin à la mise en sac des locaux de « L’As » et de « 24 heures chrono » ont été alpagués. Adama Dème, l’agent recruteur, est le président du comité de soutien de Farba à l’hôpital Fann Dans une de nos éditions, nous révélions que l’agent recruteur des nervis était un certain « grand Ada ». Le coin de voile se lève sur cette personne.

Précisément, il se nomme Adama Dème et il travaille à l’hôpital Fann. Devant les enquêteurs de la Su, et devant le procureur de la République, il a révélé qu’il était le président du comité de soutien à Farba Senghor mis sur pied à l’hôpital où il travaille. Dans sa déposition, il a soutenu que c’est l’ancien ministre lui-même qui lui a personnellement remis la somme de 250.000 FCFA pour recruter de « gros bras » pour « régler leur compte » aux journalistes de « L’As » et de « 24 heures chrono ». C’est ainsi que pour accomplir cette sale besogne, il a été recruté des nervis qui se trouvent dans le même quartier de Ben Taly. Aussi, a t-il pu se rattacher les services des nommés Ibrahima Diouf, Mc, un certain Touré, le lutteur Babacar Diop entre autres. Au total, ils seront huit nervis a accepté le « deal ».

Objectif de l’opération : faire « uniquement » peur aux journalistes. Ces tas de muscles, habitués de la salle de musculation « Condor » avaient reçu des promesses fermes comme quoi ils ne seront jamais arrêtés. Comment les deux gorilles, Pape Déthié Fall et Babacar Sarr, ont supervisé l’opération Pour mener à bien la mission, Adama Dème leur met en rapport avec Abdoulaye Sow, chauffeur de Farba Senghor et deux garde du corps du chargé de la propagande du Parti démocratique Sénégalais (Pds) en l’occurrence, Pape Déthié Fall et Babacar Sarr dit « Gonz ».

Aussi, ce 17 août, à l’heure du crime, c’est Abdoulaye Sow qui est chargé de conduire le commando pour accomplir la sale besogne. Le chauffeur, après avoir débarqué les bandits, gare le véhicule non loin des sièges des deux quotidiens à Sacré-Cœur III Pyrotechnie. Quant à Pape Déthié Fall et Babacar Sarr, ils sont chargés de « superviser » les deux opérations qui seront simultanément exécutées. C’est ainsi qu’ils donneront, à plusieurs reprises, des ordres directs aux nervis, par téléphone pour leur indiquer l’emplacement des journaux, après avoir fait un travail de repérage la vielle.

Les actes criminels commis, la bande se retranche dans le même quartier de Ben Taly, rendant compte à Adama Dème, totalement satisfait. Tous perdus par un téléphone et des…coups de téléphones Mais la bande n’avait pas remarqué un fait : lors de la mise sac des locaux de « 24 heures », Babacar Diop, qui dit être lutteur à l’Ecurie Fass commet un acte qui allait faire tomber la bande : subtiliser un téléphone portable. Après avoir entendu toutes les dépositions, dont celle de l’infographiste de « 24 heures », les limiers interrogent les fichiers de la Sonatel et n’ont pas de mal à mettre la main sur Babacar Diop. Ce dernier se montrera très bavard, balançant la reste de la bande qui tombera un à un au fil des interrogatoires. Mis devant les éléments le mettant en cause, Déthié Fall, premier membre de l’entourage de l’ancien ministre, a être convoqué, niera les faits. N’ayant pas d’éléments matériels pour le confondre les limiers le laisseront partir. Avant de réunir le maximum de preuves irréfutables contre lui, Babacar Sarr et Abdoulaye Sow.

Tous en effet, cette nuit-là, ont eu des conversations téléphoniques avec les nervis. Tout comme il a été relevé des communications entre lui et « grand Ada ». En matière de flagrant délit, le tribunal est saisi in rem, in personam. C’est-à-dire sur des faits et des personnes bien précises. Et dans son réquisitoire introductif, qui va servir de ligne de conduite au tribunal, le parquet a complètement chargé les mis en cause, d’autant l’enquête des hommes du commissaire Modou Diagne est nette, claire et précise. C’est-à-dire qu’en attendant le commanditaire, les seconds couteaux ne sortiront pas de sitôt de prison.

Source : Las

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