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Au Zimbabwe, la police multiplie les arrestations des leaders de l’opposition

jeudi 12 juin 2008

A deux semaines du second tour de l’élection présidentielle au Zimbabwe, qui se tiendra le 27 juin entre le chef de l’Etat sortant, Robert Mugabe, et le candidat de l’opposition Morgan Tsvangirai, la pression sur l’opposition s’accentue. Jeudi 12 juin, le chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) a été arrêté deux fois dans la même journée.


Les faits Le Zimbabwe a été victime d’un « coup d’Etat », selon l’opposition Portfolio Robert Mugabe, plus d’un quart de siècle à la tête du Zimbabwe

Arrêté une première fois à un barrage routier alors qu’il menait campagne dans le centre du pays, il avait ensuite été remis en liberté après avoir été détenu pendant près de deux heures par la police. Plus tard dans la journée, « il a de nouveau été emmené à un commissariat, cette fois à Gweru », a indiqué son porte-parole. Une vingtaine de responsables de son parti ont été emmenés avec lui au commissariat, a-t-il ajouté.

Dans la journée, son adjoint Tendai Biti, qui rentrait tout juste d’Afrique du Sud après plusieurs semaines d’exil volontaire, a été appréhendé à l’aéroport d’Harare. Les autorités lui reprochent d’avoir annoncé la victoire de l’opposition après le premier tour du 29 mars, sans attendre les résultats officiels. « Nous l’inculpons de trahison et de déclarations portant atteinte à l’Etat. Pour le chef de trahison, il risque la peine capitale ou la réclusion à perpétuité. Il est en garde à vue et nous enquêtons encore sur cette affaire », a déclaré un porte-parole de la police.

UNE CAMPAGNE REMPLIE D’OBSTACLES Morgan Tsvangirai dispose théoriquement d’un avantage pour le second tour de la présidentielle, puisqu’il est arrivé en tête au premier tour devant le président Mugabe, 84 ans, au pouvoir depuis l’indépendance en 1980. Mais la campagne du leader de l’opposition est semée de difficultés. La semaine dernière, il avait déjà été interpellé à deux reprises dans des conditions similaires et avait dû patienter plusieurs heures avant de recouvrer sa liberté. Ses réunions sont souvent interdites et nombre de ses partisans sont en prison. Selon le MDC, depuis deux mois, 66 de ses militants ont été tués, 200 sont portés disparus et 3 000 sont hospitalisés.

Le régime du chef de l’Etat assure que ces violences sont organisées par ses rivaux, mais l’ONU semble donner raison à l’opposition en estimant que la plus grande partie des attaques peuvent être attribuées aux fidèles du président. La BBC affirme de son côté que l’armée du pays est directement impliquée dans la campagne de réélection de Robert Mugabe. Quant aux Etats-Unis, ils ont accusé le président zimbabwéen d’utiliser l’aide alimentaire comme une « arme » électorale en affamant ses opposants. Jeudi 12 juin, un porte-parole du département d’Etat américain a déclaré que les forces de sécurité ont « détourné » la semaine dernière un camion transportant de l’aide alimentaire américaine destinée à des écoliers pour la distribuer à des membres du parti au pouvoir.

Jeudi, plus de cent observateurs de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) ont commencé à se déployer dans le pays en vue du second tour de l’élection présidentielle. Le jour du scrutin, ils devraient être plus de quatre cents.

Source : le monde.fr

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