Le grand stade de Kumasi s’emplit d’une formidable clameur à l’occasion du début des cérémonies de présentation des équipes. Il fait relativement doux et un vent léger balaye les tribunes découvertes de l’enceinte, située un peu à l’écart de la ville, sur une petite colline.
C’est une très belle affiche qui nous est proposée en cette fin d’après-midi au Ghana. Au palmarès des Pharaons d’Egypte, cinq Coupes d’Afrique des nations, en 1957, 1959, 1986, 1998 et 2006. C’est la vingt-et-unième participation d’une équipe égyptienne à la CAN. Ils sont les tenant du titre. Quant au Cameroun, c’est l’équipe des superlatifs : quatre CAN gagnées, cinq participations à une phase finale de Mondial…Et pourtant…
Première mi-temps : les « Pharaons indomptables » !
Sur une très belle pelouse, le coup d’envoi de la rencontre est donné par les Egyptiens, mais le ballon est rapidement en possession de l’équipe des verts et rouges qui monte vite vers le but des « hommes des sables ». Le ton de la partie est donné, vif et sans temps mort…
A la 14e minute, après une main involontaire d’un défenseur camerounais, l’arbitre siffle un pénalty généreux en faveur de l’Egypte. Hosny s’élance et marque. Mais l’arbitre lui fait retirer car il a coupé sa course d’élan, ce qui est interdit. Deuxième tentative. La bonne. 1-0 pour l’Egypte. Pas si illogique. La suite est extraordinaire : 17e minute, superbe contre en faveur des Pharaons, et quasiment dans la foulée, le deuxième pour l’Egypte (17e minute) du n°9 Zidan parti tout seul prendre à contre-pied le portier camerounais. Incroyable ! 2-0 pour l’Egypte. Les partenaires de Samuel Eto’o marquent le coup. C’est la stupeur dans le stade de Kumasi, plutôt acquis à la cause des Lions indomptables.
Et là, terrible coup du sort pour les coéquipiers de Samuel Eto’o : dans l’ultime minute de la première mi-temps, le n°9 égyptien Zidan « crucifie » les Camerounais d’une frappe superbe en pleine lucarne. Egypte 3, Cameroun 0.
Deuxième mi-temps : coups de tonnerre à Kumasi
La nuit tropicale tombe sur le stade de Kumasi pour l’entame de la seconde période. Les tribunes sont nettement moins survoltées. Le public sent bien que quelque chose d’important se joue désormais sur la pelouse. Toujours 3 à 0 pour les Pharaons à la cinquantième minute.
Pourtant, à la 51e minute de jeu, après une belle action entre Emana, Song et Geremi, ce dernier centre parfaitement pour Samuel Eto’o, qui réduit le score de la tête( 3-1). Les Lions indomptables reprennent espoir et multiplient les offensives. Le public retrouve de la voix. Et les Pharaons, même s’ils mènent au score, se retrouvent nettement sur la défensive.
Le match est superbe ! Les actions explosent de tous côtés, il y a du rythme et de l’intention dans les deux équipes qui ne ferment pas le jeu. Le Cameroun pousse mais ne parvient pas à inscrire ce 2e but tant recherché. De son côté, l’Egypte laisse passer l’orage en restant bien groupée derrière. Dans la tribune de presse, les nombreux journalistes camerounais se prennent la tête entre les mains… Et à la 81e minute, comme un coup de tonnerre dans le stade, le but du n°8 Hosny sonne le glas des espoirs camerounais (Pharaons 4, Lions indomptables 1).
Un dernier penalty transformé par Samuel Eto’o en fin de partie ne change pas grand-chose. Egypte 4, Cameroun 2.
L’Egypte, qui, disait-on, était amoindrie, a surpris tout son monde. Y compris les Camerounais. En tous cas, voilà un nouvel accroc pour la « machine à gagner » camerounaise.
Source : RFI
