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Candidat unique pour mettre fin au règne de Wade : L’avis de Abdou Latif Coulibaly est loin de faire l’unanimité

jeudi 11 mars 2010

Abdou Latif Coulibaly a forcé l’admiration et le respect de ses confrères et collègues, par son rigoureux travail d’investigation. Mais, il a surpris plus d’un, en laissant entendre que l’opposition sera battue si elle n’arrive pas à présenter un unique candidat contre le président Abdoulaye Wade.


Car, personne ne sait sur quoi Latif se fonde pour faire sa prédication. L’histoire politique du Sénégal infirme sa thèse, selon laquelle à défaut de trouver un unique candidat contre le président Wade l’opposition sera laminée à la prochaine élection présidentielle. Pour rappel, à l’élection présidentielle de 2000, si l’opposant Wade est parvenu au pouvoir, c’est parce que les différents candidats ont pu forcé le président sortant, Abdou Diouf, à se retrouver au deuxième tour. Ce sont ces voix que le plus grand nombre d’opposants avait reversées au candidat Wade lui permirent de vaincre le socialiste.

La position d’Abdou Latif Coulibaly ne fait pas l’unanimité, parce que, pour bon nombre d’intellectuels comme de politiques, la vocation d’un parti politique est de briguer le suffrage des Sénégalais. Il s’y ajoute que c’est la participation à une élection qui permet de mesurer le poids des leaders politiques. Ainsi, on sait que si Moustapha Niase avait acquis 16 % de l’électorat en 2000, sept ans après, il chutera de moitié. Ceci, tandis que le parti socialiste défait en 2000 réussissait à reconquérir près de 13 % des suffrages des Sénégalais. Il y a également que démocratie rime avec pluralité.

Les Sénégalais aimeraient savoir les critères sur lesquels le brillant journaliste et excellent écrivain s’est fondés pour avancer sa thèse, qui relève de l’ordre d’avis personnel. « Le bon sens est la chose la mieux partagée au monde ». Il est donc libre d’avoir son opinion. Mais, il gagnerait à renouer avec ce qu’il sait faire le mieux : gratter sous l’ongle, pour éclairer , objectivement et justement, les Sénégalais. Il est considéré, pour s’en être toujours tenu aux faits. C’est ce que lui recommande son métier.

L’histoire pourrait le rectifier. Car, objectivement, si Ousmane Tanor Dieng, Moustapha Niasse, Macky Sall et un candidat indépendant croisaient le fer en 2012, contre le président sortant, Wade devrait, logiquement, se retrouvait au deuxième tour. Mais face à un seul candidat, eu égard à la suspicion qui entoure le fichier électoral, il se pourrait même que le président Wade passe dès le premier tour.

Ceci d’autant qu’au Sénégal, on vote pour une personne et non pour un programme. Et puis, qu’est ce qui dit que le tombeur de Wade ne sera pas un « indépendant », qui sortira des sentiers battus, comme ce fut le cas au Bénin et ailleurs ?

Source : xibar

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