Les 40 membres de la Commission des finances de l’Assemblée nationale n’ont plus d’excuse pour ne pas convoquer les responsables de l’Anoci à venir présenter leurs comptes devant les élus du peuple. Le président de ladite Commission, M. Youssouf Diop, l’a fait savoir en marge d’un séminaire d’information et de sensibilisation des journalistes sur les « Enjeux de la transparence et de la responsabilité financière » que le Projet de renforcement des capacités de responsabilité financière et de transparence (Precaref) a tenu les lundi 15 et mardi 16 décembre 2008 à Dakar. Interpellé sur la question de l’Anoci, M. Diop pense le passage de cette agence dirigée par le fils du président de la République, M. Karim Meïssa Wade, à l’Assemblée nationale ne posera plus de problème si la Commission des finances le programme.
« Je crois que maintenant ça peut passer parce que beaucoup d’explications ont été données et il y’avait eu des quiproquos qui ont été levés. Il ne dépend que de nous de le mettre dans le canevas de contrôle ». M. Diop fait croire que : « il n’y a pas de problèmes parce que nous on est sensé contrôlé les deniers publics au niveau de toutes les structures qui les utilisent ». Alors, a t’il ajouté, « l’Anoci étant dans ce cadre, rien ne s’oppose à ce que nous les contrôlons ainsi toutes les autres agences ».
Le président de la Commission des finances de l’hémicycle assure que : « si ça ne dépendait que de nous, nous avons dit que toutes les agences qui ont des montants de plus 45 milliards de F Cfa, il faut systématiquement que nous fassions les contrôles ». Avant de préciser que : « le contrôle se fera par l’Assemblée nationale, obligatoirement par la Cour des comptes et nécessairement par l’administration ».
Quand l’exécutif bloque le contrôle
Malgré cette volonté affichée d’agir dans la transparence et l’équité, les responsables de la Commission des finances reconnaissent les difficultés rencontrées dans l’exercice de leur mission de contrôle. Le président de ladite Commission a pointé du doigt une certaine immixtion de l’exécutif dans les affaires du législatif. Un état de fait démontré par la convocation du Président de l’Anoci à l’Assemblée nationale qui a, d’ailleurs, été l’effet déclencheur du processus ayant abouti à l’éviction de Macky Sall du perchoir.
Ce qui pose un réel problème de séparation des pouvoirs tant décrié par les partis d’opposition ainsi que la société civile. Ce qui fait dire à M. Youssouf Diop : « Notre rôle est un rôle de contrôle de l’exécutif et si nous ne parvenons pas à le faire en ce moment c’est que ce rôle a été négligé. Nous avions tout un canevas de contrôle à effectuer mais malheureusement il y’a eu des problèmes que vous (ndlr : les journalistes) n’ignorer pas et qui ont bloqué tout le contrôle ». A son avis, « il est nécessairement que même si une partie est bloquée, l’autre continue à être exécuté par la Commission des finances ».
A l’en croire, « Il n’y a pas de problèmes très sérieux dans l’exercice de notre mission mais il faudrait nécessairement qu’on puisse s’entourer de certaines garanties ». Dans ce cadre, a t’il considéré, « il ne faudrait pas que, comme dans certains pays, le politique prime le pas sur l’administration. Si ça se fait systématiquement il y’a des blocages hors normes qui se font et il faudrait que nous dépassions cela ». Pourtant, a fait remarquer M. Diop, « nous l’avons dépassé dans plusieurs domaines mais pas actuellement dans le domaine du contrôle que nous nous voulons effectuer ».
Malgré ces péripéties, le président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale assure que ce blocage de l’exécutif ne leur a pas mis dans une situation d’auto-censure parce qu’ils allaient déployer un autre moyen de contrôle avec les mêmes structures. Sur l’Affaire « Karim-Macky », M. Diop pense que : « il y’avait un malentendu en définitive parce que quand on exécute un contrôle ce n’est pas pour sanctionner ». Il a ainsi précisé que « le contrôle, c’est pour pouvoir redresser et expliquer à la personne contrôlée les erreurs qu’elle a commises parce que nul n’est sensé ignoré la loi mais aussi nul n’est censé connaître tout le fondement de la loi ».
Pour rappel, les responsables de l’Agence de régulation des marchés publics (Armp), lors d’un atelier de formation destiné aux journalistes, avaient fait savoir que toutes les agences gérant un budget avoisinant celui de l’Anoci peuvent être contrôlé durant cette année 2009.
Entre autres agences publiques à contrôler, le magistrat à la Cour des Comptes, Mamadou Faye, au deuxième jour de ce séminaire du Precaref, informe que l’organe de contrôle dans lequel il travaille est actuellement à la présidence de la république. Un séjour qui, selon lui, consiste à contrôler les comptes de l’Agence pour la promotion de l’investissement et des grands travaux (Apix) dirigée par Mme Aminata Niane.
Source : Sud Quotidien
