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Deux attentats contre des hôtels de luxe de Djakarta font au moins 9 morts

vendredi 17 juillet 2009

Au moins neuf personnes ont été tuées et 41 autres blessées dans deux attentats à la bombe simultanés qui ont dévasté vendredi 17 juillet au matin deux hôtels de luxe de Djakarta, la capitale indonésienne, a-t-on appris de source ministérielle. Les explosions ont frappé peu avant 8 heures, heure locale (3 heures, heure française) l’hôtel Ritz Carlton et le Marriott, situés dans le quartier des affaires de Kuningan, dans le centre-ville. Selon le Wall Street journal, la police a abaissé le bilan à huit mort dans l’après-midi et 53 personnes seraient blessées.


Elles ont été provoquées par des « bombes de forte puissance », a annoncé le ministre de la sécurité, Widodo Adi Sucipto. « Le nombre de tués s’élève à neuf. Huit sont morts sur les lieux et un à l’hôpital », selon la police. « Il y a aussi 41 blessés, dont 14 étrangers », a-t-il ajouté. « C’est un acte de terrorisme », a affirmé le président, Susilo Bambang Yudhoyono, qui s’est rendu sur les lieux et a dénoncé une « attaque cruelle et inhumaine ».

Les responsables de ces actes « n’ont pas d’humanité et aucune considération pour les dommages faits à notre pays avec cet acte de terrorisme qui va avoir un fort impact sur notre économie, le commerce, le tourisme et notre image dans le monde », a estimé le président. « Je suis convaincu que nous pourrons interpeller et punir selon la loi ceux qui ont perpétré cet acte de terrorisme », a-t-il ajouté.

DES ÉTRANGERS PARMI LES VICTIMES

Dans la matinée, une bombe a été découverte et désamorcée dans une chambre de l’hôtel Marriott, a indiqué un haut responsable. Ces hôtels sont très fréquentés par les hommes d’affaires venant à Djakarta. Un Néo-Zélandais a été tué, probablement au Marriott, a annoncé le premier ministre néo-zélandais, John Key, qui a dénoncé une attaque « visant à tuer et blesser des innocents ». L’identité de la victime n’a pas été divulguée. Au moins deux Australiens figurent au nombre des blessés, ont de leur côté indiqué les autorités australiennes.

Selon le Wall Street journal, certaines des victimes assistaient à un forum économique à l’hôtel Marriott. Organisée par CastleAsia, une entreprise de consulting dirigée par un Américain, cette réunion faisait partie d’une série d’événements censés réunir des dirigeants économiques et politiques indonésiens. Toujours selon le journal, Timothy Mackay, directeur de Holcim Indonesia, filière indonésienne du fabricant de ciment suisse Holcim Ltd., a été tué.

Le terroriste ayant perpétré l’attentat du Marriott se serait justement fait passer pour un invité. C’est ainsi qu’il a pu pénétrer à l’intérieur du café situé au sous-sol de l’hôtel, où il a fait exploser la bombe qu’il portait. Un corps, séparé de la tête, a été découvert sur les lieux de l’explosion, ce qui privilégie la piste de l’attentat-suicide.

PAS DE FRANÇAIS DANS LES VICTIMES

Le Marriott, avait été victime d’un attentat à la voiture piégée qui avait tué 12 personnes, le 5 août 2003. Cet attentat avait été attribué à la Jemaah Islamiyah (« Communauté islamique »), un réseau terroriste islamiste. Joint par téléphone par i-Télé vendredi matin, l’ambassadeur de France en Indonésie, Philippe Zeller, a déclaré qu’il n’avait « pas d’indication de personnes de nationalité française qui auraient été blessées ou seraient décédées ». Le Quai d’Orsay a confirmé peu après. Les forces de l’ordre bloquaient toujours vendredi matin l’accès aux deux hôtels, provoquant d’importants embouteillages dans le centre de la capitale. Des débris jonchaient le sol et des rideaux pendaient aux fenêtres éventrées. Ces explosions interviennent une semaine après la tenue de l’élection présidentielle qui a vu, selon des résultats encore partiels, la réélection du président Susilo Bambang Yudhoyono.

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