(avec AP) -
Le Togo a entamé trois jours de deuil, au lendemain du retour de ses joueurs à Lomé.
Les suspects ont été interpellés dimanche près des lieux de l’embuscade a affirmé le procureur de la province, Antonio Nito. Ils appartiendraient au Front de libération de l’enclave du Cabinda (FLEC), auquel l’Angola attribue les meurtres alors que des responsables du mouvement accusent une faction dissidente.
Le car de la sélection togolaise a essuyé des tirs de mitrailleuse peu après avoir franchi la frontière entre le Congo-Brazzaville et l’enclave vendredi soir, alors qu’il se rendait à Cabinda pour disputer son premier match de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) lundi contre le Ghana. Le chauffeur a été tué, ainsi que l’entraîneur adjoint de l’équipe, Amélété Abalo, et l’attaché de presse, Stan Ocloo Togo.
Huit joueurs ont été blessés, dont le gardien de but Kodjovi Obilalé, atteint par une balle dans le bas du dos. Il a été opéré dimanche au Netcare Milpark Hospital de Johannesburg. Le Dr Ken Boffard a déclaré lundi que son état de santé s’était stabilisé mais qu’il devrait rester sous respirateur pendant au moins deux jours. On ignore si le jeune homme, âgé de 25 ans, pourra rejouer au football.
Estimant que la sécurité des Eperviers n’était pas assurée, le Togo a rapatrié son équipe dimanche soir, alors que les footballeurs voulaient jouer pour rendre hommage aux victimes.
Les deux avions ramenant la sélection sont arrivés dimanche soir à Lomé. Certains des joueurs portaient des bandages couvrant des blessures par balles aux bras. Des proches d’Amélété Abalo et Stan Ocloo Togo se sont effondrés lorsque les dépouilles ont été sorties de l’avion présidentiel.
C’est ’’une grosse perte pour le Togo, un jour triste pour le football togolais’’, a déclaré le Premier ministre Gilbert Fossoun Houngbo. Les morts ’’seront enterrés et honorés comme il convient’’, a-t-il ajouté. Les drapeaux ont été mis en berne ce lundi alors que le pays entamait un deuil de trois jours.
Le Togo a été officiellement disqualifié de la Can ce même jour. Lors du match d’ouverture Angola-Mali dimanche à Luanda, le président José Eduardo dos Santos a assuré qu’’’il ne fallait pas avoir peur’’. « Malgré l’attaque terroriste, Cabinda restera une ville-hôte » du championnat, a-t-il dit.
Mais un homme se présentant comme un dirigeant du FLEC exilé en France, Rodriguez Mingas, a prédit d’autres violences. ’’La guerre va continuer, tous les coups sont permis pendant la guerre (...) Cela ne fait que commencer’’, a-t-il lancé sur les ondes de France-Info, affirmant que les rebelles visaient l’escorte militaire angolaise des Togolais. Selon lui, ’’deux mois avant le début de la CAN’’, la guérilla avait prévenu le président de la Confédération africaine du football (CAF), Issa Hayatou.
Le ministère français des Affaires étrangères a immédiatement condamné des menaces ’’inacceptables’’. ’’L’appel à la violence, l’incitation à la violence ne peuvent pas être justifiés par aucune raison que ce soit (...) Ces propos ne resteront pas sans suite’’, a réagi le porte-parole, Bernard Valéro. Le Quai d’Orsay a fait savoir que ’’le statut et le lieu de résidence de Rodrigues Mingas (étaient) en cours de vérification’’.
Si le gouvernement angolais accuse le FLEC, qui aurait revendiqué l’attaque auprès de l’agence de presse portugaise Lusa vendredi, plusieurs responsables du mouvement interrogés par l’Associated Press nient toute implication.
Source : Nettali
