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Procés de trois prostituées à Nouatchott : Pour avoir troublé l’audience, la mère de l’une d’elles expulsée manu militari de la salle

lundi 3 décembre 2007

Les trois prostituees senegalaises avaient ete arêtées et mises en détention à la prison des femmes. La mère de l’une d’elles s’est battue pour qu’elle ait un procès. Le jour de ce procès qu’elle a tant souhaité, elle n’a pas laisse le tribunal faire son travail. Elle en sera même la star jusqu’au moment où elle se fait expulser manu militari sous une très bonne escorte des policiers sous l’ordre du président de la cour.


C’est une affaire qui remonte au mois de juin dernier, au moment où la police mauritanienne est allée en croisade contre les pratiquants et pratiquantes du plus vieux métier du monde. Nombreuses étaient les prostituées qui ont été arrêtées dans les quartiers, déférées au parquet et maintenues en détention à la prison civile sans aucun procès. Ces trois Sénégalaises - Maty, Mame Diarra et Madeleine… ont réussi à ne pas se faire prendre par la police bien qu’elles soient des « professionnelles » du métier dans le quartier Ksar.

Comme l’atteste la dénonciation d’un juge voisin de ces jeunes femmes au procureur de la République. D’apres nos informations, ce juge a dit au procureur de la République : « Depuis très longtemps j’ai constaté un ballet incessant d’hommes et de femmes dans l’appartement sis en face de ma demeure et occupé par des jeunes femmes. Pour en savoir plus, j’ai commencé à mener ma petite enquête. Ayant compris ce qui se passait réellement, j’en ai donné la primeur à qui de droit ».

Le procureur informé, c’est sous son ordre que la police judiciaire - communément appelée la police anti-drogue - a fait une descente surprise dans ledit appartement sis au quartier Ksar. Les policiers y ont trouvé un Sénégalais et deux Mauritaniens en compagnie de ces trois jeunes femmes. Ils les ont arrêtées, et les ont emmenées au commissariat de la police judiciaire. EIles ont été entendues, déférées au parquet et mises en détention à la prison civile des femmes de Nouakchott. Mamy MBaye, ayant appris que sa fille Mame Diarra est en détention provisoire, a immédiatement quitté Nouadhibou pour venir s’enquérir de la situation. A Nouakchott, elle n’a cessé d’arpenter les couloirs du palais de justice pour rencontrer certaines autorites judiciaires.

En leur exprimant publiquement qu’il n’est pas normal que sa fille soit mise en détention de longue durée sans aucun procès. Que son souhait serait de voir la cour la juger rapidement. Ses interlocuteurs ne lui ont pas donné tort et lui ont même garanti que sa fille aurait bel et bien un procès juste et équitable conformément à la loi. Le jour du procès tant souhaité et attendu par Mamy Mbaye arrivé, un fait rarissime pour ne pas dire insolite se produisit. Mamy MBaye, loin de laisser le tribunal juger et statuer sur le sort de sa fille, se lève de son siège, avance à la barre au lieu et à la place de l’avocat de sa fille, plaide l’innocence de cette dernière et demande même la clémence du tribunal.

Toujours selon notre source proche du dossier, elle aurait déclaré : « Je réfute l’acte d’accusation selon laquelle Mame Diarra est une prostituée. Je réfute encore l’idée qu’elle soit dénoncée par un quelconque juge. Ma fille Mame Diarra est une restauratrice qui gagne très bien sa vie et qui ne s’en cache pas. Le fond du problème, c’est le train de vie de ma fille qui déplait à deux de ses copines jalouses, qui lui doivent également chacune de l’argent, 200.000 UM soit 400.000F.CFA. Et je crois dur comme fer que ce sont elles qui veulent sa peau ».

Comme le président du tribunal en avait marre d’entendre parler Mamy et de la voir troubler sa séance, il a finalement ordonné au service du maintien d’ordre d’expulser la femme. C’est sous une bonne escorte que Mamy Mbaye s’est retrouvée seule dans l’immense cour du palais de justice. Non sans confier a nos interlocuteurs que : « Quelle que soit l’issue du procès de Mame Diarra, nous allons traîner ces jalouses devant la barre. »

Source : LObservateur

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