Alors qu’on n’était en plein préparatif des élections présidentielles, le premier Ministre qu’il était en ces temps a été surpris et stupéfait que le Président de la République ait décidé de rencontrer son rival et ancien ami Idrissa Seck. Macky monte alors sa garde. Il ne cache pas au Président son opposition à cette décision. « Macky était prêt à démissionner si Idrissa Seck revenait au Pds à quelques jours des élections. Il disait en coulisse qu’il avait bien travaillé pour la réélection de Wade et que ce serait une insulte de faire venir Idrissa Seck à quelques encablures de la présidentielle indique un proche.
Wade encaisse cette critique de son numéro 2 et ne dit rien. Mais il savait que son Macky commençait à s’affranchir. La crise entre Wade et Macky avait commencé en demi-teinte depuis cette fameuse affaire du corbeau. Baldé n’a jamais caché en privé qui est derrière cette affaire. « Le secrétaire général de la présidence en a tellement souffert », renseigne un de ses proches. Baldé pour prendre sa revanche ouvre la guerre des tranchés contre Macky. Karim Wade regarde d’un œil. Ambiant…
En réélisant Wade, Macky savait au départ que c’était le début de la fin pour lui. Tous ces proches et intimes savaient que Macky irait à l’Assemblée nationale. Ça ne lui plaisait pas trop, mais il ne le montra pas », indique cet ex- membre influent de son entourage qui, aujourd’hui, est resté dans les prairies bleues. Les hommes du Palais savaient aussi depuis le départ que Macky allait se rebeller un jour dans son isolement. « Nous pouvons le destituer quand on le voudra. On a tout verrouillé », indiquait en privé ce proche de Wade dans le secret de son bureau le jour même où Macky accédait au perchoir de l’Assemblée Nationale.
De l’autre côté, Macky est rejoint dans son bureau pour se faire dire cette phrase. « Tu es venu à l’Assemblée, mais les choses sérieuses ne viennent que de démarrer et prépare-toi en conséquence ». « Je sais, mais ne vous en faites pas. Mais il fallait éventrer le coup pour que le processus puisse prendre du temps. Et l’on se souvient d’ailleurs des sorties de Sitor Ndour qui disait « que ce n’est pas le poste de Premier Ministre qui intéressait les adversaires de Macky, mais c’est Macky lui-même. Donc même à l’Assemblée les gens vont continuer à le combattre ».
Macky se savait surveillé et il évitait les pièges. Il était persuadé un jour ou l’autre que les choses allaient mal finir. Le camp adverse à partir d’octobre 2007 rumine ses plans. Leurs communicants entrent en action. Macky riposte : campagne de presse contre campagne de presse. À l’époque, un proche de Wade analyse : « Macky a fait pire qu’Idrissa Seck en matière de gestion ». Alors qu’il semblait être au courant de tout ce qui se trame, Macky tomba dans le piège qui lui est tendu.
Président de la commission des finances à l’Assemblée, on aurait ainsi demandé à Mamadou Seck de rédiger une lettre de convocation de Karim Wade pour s’expliquer sur la gestion de l’Anoci. Avec comme promesse au Maire de Mbao, le poste de Président de l’Assemblée nationale. Le camp de Doudou Wade qui pilotait de dossier précis, verrouille et personne ne saura qui sera le président de l’Assemblée jusqu’au jour de son élection.
Et voilà réellement partie avec l’entrée en jeu de Pape Diop et Mme Wade qui auraient proposé Sada Ndiaye pour signer le départ définitif du Président de l’Assemblée avec la fameuse « loi Sada Ndiaye ». Auparavant, ses adversaires ont essayé de lui prêter tous les noms d’israël. Pour le « tuer » à petit feu, on commence à lui couper les ressources financières. « les fonds politiques sont réduits en peau de chagrin » se souvient cet ami de l’actuel président Apr. Wade sait que la politique demande beaucoup de moyens financiers. Ses proches commencent à rire sous cape. « Il n’a pas les moyens de résister financièrement Il finira par revenir ou se lasser, prédit-on.
Au Palais Macky résiste jusqu’au cessez-le-feu demandé par le khalife général des Mourides Sérigne Bara Mbacké. Mais les relations avaient perdu leur superbe entre Wade et Macky. Il était convaincu que ses adversaires ont reculé pour mieux sauter. Il était convaincu que cette réconciliation n’était que de façade. Effectivement le Palais n’avait pas lâché prise et au début de l’année 2008, on prédit à Macky une mauvaise fin. « Il pense qu’il représente quelque chose, il n’est rien » fulminent ses adversaires . Une phrase que Pape Samba Mboup a entendue dans le couloir. C’est ainsi qu’il a rabroué ces personnes en l’occurrence Abdoulaye Faye et Babacar Gaye. Entre temps, il avait perdu son poste de N°2 ? et Wade ne le consulte presque plus sauf pour des urgences.
Par exemple, un soir, la présidence l’appelle peu avant minuit pour lui faire savoir que Aminata Tall va déposer un projet de loi pour repousser les élections locales pour 2009…Écarté par le protocole de l’Etat, Macky essaie de sauver les apparences. Il participe autant que faire se peut aux départs et retours du Président de la République. Snobé par l’entourage du Chef de l’Etat, Macky Sall finit par se résigner. Il comprit qu’il n’était plus dans les plans de Wade. Le président de l’Assemble poursuit ses réflexions. « Pour lui, le Pds était déjà mort ? pour lui ce parti est tellement confronté à des difficultés qu’il ne cessait de théoriser que ce parti n’avait plus d’avenir.
Dès lors, il mettait les jalons pour la création d’un parti », nous confie cet ami. Il rumine sa stratégie. Aidé en cela par Mahmouth Saleh. Cette adversité surprend dans le camp présidentiel qui avait sous-estimé ses capacités de résistance. Mauvaise appréciation. Derrière la résistance de Macky, il y a deux personnes de l’ombre. Une femme et un homme. Son épouse Marième se comporta en véritable Dame de fer. Me Alioune Badara Cissé qui sut garder toutes les confidences et plans de combat de l’ancien Premier Ministre du Sénégal.
Sambou BIAGUI
Les hommes les plus influents dans le camp Macky
Deux journalistes et deux politiciens constituent le quator sur lequel Macky s’est appuyé pour dresser sa stratégie
Alioune Fall
L’ancien Directeur de publication du quotidien le Matin est un membre de premier plan du cercle de Macky. Il a cheminé avec le Président de l’Apr depuis l’université où Alioune Fall était son cadet. Les deux étudiants ont partagé la même chambre à l’Ucad. Le journaliste,connu pour la pertinence de ses analyses politiques est parmi les maîtres à penser deMacky Sall. Il est redouté par le camp présidentiel.
Abou Abel Thiam
L’ancien journaliste de Walfadjri et de jeune Afrique est craint pour la virulence de ses propos et défend très souvent Macky dans la presse. Connu pour sa franchise, il n’hésite pas à reprendre sa plume pour défendre son patron quand ce dernier est la cible d’attaque de ses adversaires. Comme Alioune Fall, il serait dans le collimateur des faucons du Palais.
Me Alioune Badara Cissé
Avocat et homme politique à Saint-Louis, il est un des rares confidents de Macky Sall. Il est le seul à savoir lire les pensées de l’ancien Maire de Fatick. Il est aussi un des hommes pour les missions impossibles. En pleine crise avec Wade, il n’hésite pas à aller voir Idrissa Seck pour discuter avec lui.
Mahmout Saleh
L’ancien Conseiller de Wade apporte toute son expérience de troskise à Macky Sall,notamment, dans les stratégies souterraines. Même s’il n’a pas encore intégré le parti de Sall. Il reste dans le cercle très fermé du clan Macky.
Source : 24 heures chrono
