Quels sentiments t’animent après ta sortie de prison ?
Je rends grace à Dieu et à son Prophète (Psl). Je remercie mes deux parents ainsi que mon marabout Serigne Bara fils de Serigne Fallou Mbacké. Je remercie tous ceux qui ont été à mes côtés durant cette épreuve. C’est aujourd’hui que je connais ma vraie valeur en voyant le monde qui était au tribunal, au Camp pénal et devant ma maison à mon arrivée. Vous voyez, je n’arrive pas à accéder à ma chambre et mes habits sont tout déchirés dans la bousculade pour accéder dans la maison, tellement il y a du monde. Je remercie toute ma famille et surtout Néné Diallo, Dj Kolos, Salam Diallo, Pape Diouf, Youssou Ndour. Mes remerciements vont aussi à l’endroit des « Pirates de Dieuppeul » qui ont pris un avocat pour moi. De partout, des personnes sont venues s’enquérir de ma situation, ma maison ne désemplissait pas car mes collègues danseuses comme les élèves que j’encadre, et c’est le moment de les remercier, m’ont beaucoup soutenue. Ndèye Diawara m’a montré le sens du mot amitié, car elle a quitté l’Allemagne pour venir partager ma peine et en plus, elle a pris un avocat pour moi. Je remercie aussi Amath Dansokho que je n’ai connu qu’à la télévision et pourtant il est venu me soutenir. II pouvait ne pas le faire car à la dernière présidentielle, j’ai travaillé pour un autre candidat que le sien. Je remercie aussi les quinze avocats qui m’ont assisté sans le moindre centime dépensé par ma famille. Certains ont même plaidé sans que je les connaisse. Puisque c’est Dieu qui récompense, je prie pour qu’Il rende la monnaie de la pièce à tous ceux qui m’ont soutenue.
Comment as-tu vécu cette épreuve ?
Ce n’était rien. J’ai très tôt accepté que c’est la volonté divine car si ce n’était pas cet emprisonnement, autre chose allait m’arriver. Donc je rends grâce à Dieu. Mais j’ai beaucoup appris car c’est dans les moments difficiles que l’on reconnaît ses vrais amis. Pour moi, cela devait m’arriver et si ce n’était pas cela, ça aurait pu être autre chose de pire. Vous savez, les va-et-vient entre la prison et le tribunal m’ont permis de réellement savoir qui je suis. Des gens se levaient à cinq heures du matin pour venir assister à mon procès et j’ai su que c’est moi qui me sous-estimais, mais les populations m’ont vraiment dans leur coeur.
Durant le procès, nous avons vu une Ndèye Guèye très souriante, tout le contraire de ses parents et amis. Est-ce â dire que tu n’avais pas peur ?
Parce que j’ai toujours pris cette histoire comme une volonté divine et moi j’avais peur pour les autres. Quand j’étais à la prison de femmes, j’ai même oublie ma propre personne et les détenues ont fait des prières pour moi.
Après cette détention, quelle suite donner à ta carrière ?
II faut savourer ces moments de liberté, la carrière, c’est après. Mais je crois que cela n’a pas nui à ma carrière. Je continue à travailler comme je le faisais avant. La Ndèye Guèye que l’on connaissait hier et avant-hier est la même.
