Que se serait-il passé si les documents (de vrais faux) destinés exclusivement au personnel de l’Onu étaient tombés dans les mains des malfaiteurs ? Manifestement, les locaux des Nations Unies éparpillés partout dans le monde pourraient dans ce cas être la cible d’individus malintentionnés. Des documents minutieusement reproduits par les faussaires au point qu’il a fallu le concours du siège des Nations Unies à Dakar pour établir leur caractère faux.
En plus de ces documents, les gendarmes de Keur-Massar qui ont fouiné dans les bagages des faussaires nigérians ont également mis la main sur un faux passeport gambien et sur deux documents rédigés en anglais. Le premier document est relatif à un « certificat d’origine » établi au profit d’une réfugiée rwandaise alors que le second est une correspondance de la Cour d’appel de Kigali, capitale du Rwanda. Sur ce dernier document est apposé le sceau d’un certain Daniel Murphy présenté comme l’avocat général des Nations Unies établi au siège de l’organisation à New York. Des documents qui peuvent tromper plus d’un car comportant tous les deux le cachet des autorités administratives de la République Fédérale du Rwanda.
Comment les deux faussaires Nigérians ont été arrêtés
Tout est parti d’une patrouille des éléments de la gendarmerie de Keur-Massar destinée à davantage sécuriser les personnes résidant dans cette localité. C’était le premier août dernier. Arrivés à l’unité 2 des Parcelles assainies de Keur-Massar, les gendarmes qui avaient, peu avant, reçu une information faisant état de la présence suspecte d’un groupe de Nigérians dans cette unité décident alors de mener des investigations pour exploiter cette information. À la vue des gendarmes, un groupe d’individus détalèrent. Ils sont vite poursuivis et deux parmi eux cloués par les hommes en bleu.
Des Nigérians identifiés sous les noms respectifs d’Oduh Jude Ikeechukwu et Chipuzor Ozoinyiqbu. Après leur conduite à la brigade, le cybercafé est alors placé sous surveillance puis perquisitionné. Une perquisition au cours de laquelle les hommes de l’adjudant Babacar Ndiaye sont tombés des nues lorsqu’en exploitant les fichiers des 13 unités centrales, ils ont découvert des spécimens de cartes professionnelles réservées au personnel de l’Onu. Deux cartes, cette fois établies aux noms de Daniel Murphy et Daniel William (voir plus haut), tous deux présentés comme des avocats de l’Onu ont été également découvertes puis saisies par les hommes en bleu.
Pornographie à travers le Net
En fouillant davantage les treize unités centrales du cybercafé, les gendarmes qui ont bénéficié de l’expertise d’un informaticien sénégalais sont tombés sur des photos renversantes. En effet sur l’une d’elles, un Nigérian nu comme un ver exhibe son sexe en érection. Le même Nigérian pris sous différents angles montre ses attributs. Sur d’autres clichés par contre ce sont des filles, apparemment des Nigérianes, qui se sont fait photographier dans des positions qui ne laissent subsister aucun doute sur leur destination finale.
En effet toutes ces photos sont destinées à appâter des Sénégalais ou des étrangers amateurs de fortes sensations. Il faut relever qu’au cours de l’enquête, un missionnaire établi au Sénégal et qui est bien connu à Grand-Yoff où il dirige des prières dans une église, a été entendu puis relâché, sa non-implication dans cette affaire ayant été établie. Au terme de leur garde-à-vue, les deux Nigérians ont été déférés au parquet hier pour « Association de malfaiteurs, faux et usage de faux portant sur des cartes professionnelles du personnel des Nations Unies et pratique pornographique à travers le Net ».
Source : LObservateur
