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Génocide rwandais : la France réplique

mercredi 6 août 2008

Un soldat français discute avec un jeune Rwandais, en juillet 1994, dans l’est du pays. Un soldat français discute avec un jeune Rwandais, en juillet 1994, dans l’est du pays. Le ministère des Affaires étrangères juge « inacceptables » les accusations rwandaises portées contre la France pour sa participation au génocide de 1994.


Le Quai d’Orsay n’a pas tardé à réagir. Moins de 24 heures après les accusations exprimées par le Rwanda à l’encontre de la France pour sa « participation » à l’exécution du génocide de 1994, le ministère français des Affaires étrangères a réagi mercredi, les qualifiant d’« inacceptables ». Ces accusations figurent dans un rapport de la commission d’enquête rwandaise sur le rôle supposé de la France dans le génocide qui a causé la mort de 800.000 personnes en 1994. Une commission dont la France a rejeté toute légitimité mais dont les conclusions, présentées mardi, laissent, pour la première fois, la porte ouverte à des poursuites judiciaires contre d’anciens responsables politiques et militaires français.

« On peut s’interroger sur l’objectivité du mandat confié à cette Commission indépendante chargée par les autorités rwandaises de rassembler les preuves montrant l’implication de l’État français dans le génocide », a expliqué un porte-parole du ministère, précisant que le texte n’avait pas été communiqué à la France « pas les voies officielles ». Mais « notre détermination de construire une nouvelle relation avec le Rwanda, au-delà de ce passé difficile, reste intacte », a souligné le porte-parole français. Il a notamment rappelé certaines étapes accomplies en vue d’une réconciliation, notamment la rencontre entre Nicolas Sarkozy et son homologue rwandais Paul Kagame en décembre dernier.

« Une falsification inacceptable » selon Juppé

Selon le rapport rwandais, la France était « au courant des préparatifs » du génocide, a « participé aux principales initiatives » de sa mise en place et « à sa mise en exécution ». Parmi les dirigeants politiques français incriminés, figurent notamment le président français de l’époque François Mitterrand, décédé depuis, et le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé. Ce dernier, invité à réagir mercredi, a renvoyé à sa position déjà exprimée en janvier sur son blog. « Nous assistons depuis plusieurs années à une tentative insidieuse de réécriture de l’histoire. Elle vise à transformer la France d’acteur engagé en complice du génocide. C’est une falsification inacceptable », écrivait à l’époque l’ancien premier ministre, dans une note intitulée « Les limites de la Realpolitik ».

« On nous dit qu’au Rwanda, la France aurait commis une ‘faute politique’. C’est trop ou trop peu. De quelle faute s’agit-il ? Il faut l’expliquer ! », écrivait l’ancien chef de gouvernement. « Aurions-nous, par exemple, pris systématiquement le parti d’un camp contre l’autre, des Hutus contre les Tutsis ? C’est une contre-vérité », ajoute-t-il. « Aurions-nous ‘omis’de dénoncer le génocide dont les extrémistes Hutus se sont rendus coupables à partir d’avril 1994 ? C’est une contre-vérité », insiste-t-il. « Aurions-nous fait preuve de passivité alors que la communauté internationale aurait agi ? C’est une contre-vérité », dit encore Alain Juppé. « Pendant la période où j’ai conduit la diplomatie française (d’avril 1993 à mai 1995), nous avons fait tous les efforts possibles pour aider à la réconciliation des Rwandais », assure Alain Juppé.

Dès mardi, le ministère français de la Défense avait renvoyé à sa position exprimée dès 2007, déniant « impartialité » et « légitimité » à la commission d’enquête. À l’époque, la France affirmait « assumer pleinement son action au Rwanda en 1994 et notamment celle de ses forces armées ».

Source:Le Figaro .

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