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Guddi town n’est pas qu’un film

jeudi 4 octobre 2007

L’indignation sélective qui s’est abattue sur la danseuse Ndeye Gueye nous rappelle que le Pire se trouve dans les hautes sphères politiques, intellectuelles et religieuses.


de Felix NZALE, Sudonline La tension est retombée. Les dénonciations généralement abruptes et les sévères réquisitoires d’une bonne partie de la population contre la danseuse Ndèye Guèye et sa bande sont rangés quelque part dans le subconscient en attendant le prochain « Guddi town, yeungueul down » ou « scandale » de la danse « obscène » qui sera encore le prétexte pour décocher des flèches en direction de tous ces « satans » et de tous ces « immoraux », perturbateurs d’un « ordre moral » sénégalaisement bien institué.

Le verbe, circonstanciel, a été particulièrement agressif par moments de la part de ceux qui font mine d’ignorer qu’ils sont quotidiennement interpellés par des sujets qui incarnent des comportements douteux et qui sont à l’origine de graves problèmes qui se développent et qui prospèrent dans le ciel ouvert de la République, contrairement à la performance des « Ndèye Guèye » dont le cadre est une lilliputienne boîte de nuit. Je veux parler de tous ces leaders, qu’ils soient politiques ou autres, qui se construisent en opposition flagrante avec les principes de l’éthique, de la morale républicaine et de la justice sociale.

En réalité, le mutisme de ceux-là qui doivent élever la voix, qui ont la responsabilité d’éveiller les citoyens et de les mobiliser afin qu’ils soient réellement concernés par les défis prioritaires du Sénégal, est aussi étrange qu’inquiétant, troublant même. Pis : ce genre d’attitude, fatalement, aboutit toujours à la déshumanisation sur le plan moral, éthique et social. Elle aboutit aussi, cette attitude, à une remise en cause de ce qui fonde l’existence c’est-à-dire la liberté et le sens de la vie.

Si nous regardons plus loin que le postérieur de Ndèye Guèye, que voit-on ? Des saltimbanques de la politique et des prestidigitateurs qui sautillent de parti en parti. Des intellectuels, des religieux, etc, spécialisés dans les logiques d’appareils dont j’aimerais bien qu’on me dise quels principes impersonnels ils défendent pour la plupart. Il semble, en ce qui concerne ces derniers, qu’hors du pouvoir, il n’est point de salut pour eux. Alors, au diable donc la morale et l’éthique !

Landing Savané qui fait feu de tout bois pour se reconnecter au pouvoir, Djibo Kâ qui demande de voter Diouf avant de se rendre compte que son « cheval » a perdu et de venir s’agenouiller devant Wade le vainqueur, Ousmane Ngom qui déserte le Pds alors en mauvaise posture et qui traite l’ancien opposant en chef de tous les noms avant, lui aussi, d’implorer le pardon, sont autant d’attitudes qui, de la part de ceux qui nous gouvernent, doivent absolument être condamnées.

Et que dire des détournements des deniers publics ? De la mauvaise gouvernance ? Du clientélisme politique ? De ces sénateurs et de ces députés qui, au nom du peuple, travaillent exclusivement pour le compte de leur famille ? Que penser d’un fils du président de la République omniprésent sur tous les projets juteux ?...

Pourtant ils sont nombreux les prompts à la dénonciation qui « oublient » de dénoncer ces réalités, sûrement parce que leur capacité à s’offusquer est-elle achetée. Et le vrai problème de notre pays, le voici : les indignations orientées et les perverses tentations des condamnations sélectives.

Illustration : affiche publicitaire commandée par la CEE (ancêtre de l’Union Européenne) Vidéo de Guddi Town visible ici

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