L’Etat maintient sa position de modération de la hausse de 25 fcfa au lieu de 50 fcfa exigés par certains boulangers.
Suite à l’examen des comptes rendus et documents des Conseils régionaux de la consommation, le Ministre du Commerce vient d’approuver les nouveaux prix et formats de pain.
Le Ministre du commerce a ainsi signé, ce jour, la circulaire n° 001324 /M.COM/DCI/SP, fixant le prix de la baguette de référence à 175 fcfa, dans les régions de Dakar, Thiès et Diourbel pour un poids de 210 grammes et pour le même prix, dans les régions de Louga, Kaolack, et Fatick le poids est de 200 grammes. Le prix du pain est fixé à 185 fcfa à St Louis pour un poids de 210 grammes et ce prix est le même, dans les régions de Tambacounda, Ziguinchor et Kolda,h pour un poids de 200 grammes. A Matam le pain est vendu à 165 fcfa pour le poids de 210 grammes.
APS
CRISE DU PAIN : L’Ascosen rejette toute hausse du prix
L’Association des consommateurs sénégalais (ASCOSEN) par le biais de son président Momar Ndao est contre toute idée de hausse du prix du pain. Elle rejette la requête de hausse faite par les boulangers et les techniciens du Ministère du commerce. Avec des chiffres à l’appui, M. Ndao démontre que cette structure des prix est fausse d’après ses investigations. Il invite les Sénégalais à s’opposer à toute variation du prix du pain et demande l’introduction d’autres céréales dans la fabrication du pain afin de réduire notre dépendance par rapport au blé et permettre à nos agriculteurs d’élargir l’assiette de leurs débouchés.
Selon Momar Ndao, président de l’Ascosen, il est hors de question de procéder à une hausse du prix du pain d’autant plus que la structure des prix est fausse.« Nous rejetons la requête de hausse faite par les boulangers et les techniciens du Ministère du Commerce. Car, ces deux hausses sont basées sur une structure des prix dont les éléments ont été fournis et qui ne répondent à aucune réalité » lance-t-il.
Le défenseur des consommateurs pour justifier son opposition à la hausse du prix du pain, a passé au peigne fin les différentes étapes dans la chaîne de production de cette pâte alimentaire.« Le poste électricité est augmenté de 321% par rapport à la réalité. Nous sommes arrivés à cette conclusion après une enquête approfondie sur les services de la Sénélec sur la base des consommations annuelles de plusieurs boulangeries en prenant en considération les périodes de forte consommation (avril à août) et celles de faible consommation (fin et début de l’année), révèle Momar Ndao. Très en verve, il ajoute que »sur le poste consommation de gasoil, les quantités données ont été surévaluées de près de 40%. Les 20% de surévaluation étant liées à la non prise en compte de la nécessaire conversion entre le diesel-oil qu’ils (les boulangers) achètent en tonne et la consommation qu’ils expriment en litre". Sur le personnel, à en croire M. Ndao, les boulangers déclarent pour une boulangerie qui produit 10 sacs de farine, employer 13 personnes alors que la réalité est de 8 personnes par un système de 4 personnes par quart.
Le président de l’Ascosen dans son entreprise de contredire les arguments des boulangers poursuit que les postes « entretien et réparation de véhicule » sont surévalués car la plupart des boulangeries n’ont pas de véhicule et louent les services de taxis clando ou autres pour transporter le pain« . Sans oublier le poste assurance où il parle d’une majoration de près de 60%. Selon Momar Ndao, »le nombre de baguettes de pain produit pour 10 sacs de farine est estimé à 235. Or, dans la réalité les boulangers fabriquent en moyenne 300 baguettes« . C’est ce qui lui fait dire que » les éléments chiffrés sur lesquels se sont basés les boulangers et les techniciens du Ministère du Commerce pour parler d’augmentation du prix du pain sont erronés et sont au préjudice du consommateur. Cette structure des prix n’est en rien la bonne".
Le président de l’Ascosen lance un appel au gouvernement. « Nous invitons le gouvernement conformément à la feuille de route tracée par le Premier ministre Hadjibou Soumaré lors de sa déclaration de politique générale, à maintenir la subvention sur la farine afin que les prix restent inchangés ». En riposte aux boulangers qui ont entamé une grève de deux jours M. Ndao invite les Sénégalais à boycotter le pain pendant 10 jours afin que les boulangers comprennent la détermination des consommateurs à refuser toute augmentation du prix du pain. « Nous invitons tous les Sénégalais, les Ong, les chefs religieux, les organisations politiques et de la société civile à se lever pour s’opposer de la manière la plus ferme contre toute variation du prix du pain ». Le président de l’Ascosen de formuler une demande pour trouver une solution à ce problème. « Nous demandons que l’on introduise dans la fabrication du pain d’autres céréales comme le mil, le maïs ou le niébé pour réduire notre dépendance par rapport au blé et permettre à nos agriculteurs d’élargir l’assiette de leurs débouchés » conclut-il.
ALIOU KANDE Le Soleil
