Les prévenus ont été interpellés au domicile du vieux Belge, à la Médina, le 15 août dernier, et déférés au parquet, le 19 courant. Le vieux Richard Lambeau, de nationalité belge, connaît parfaitement les milieux dakarois, au point de s’exprimer parfaitement en Wolof. Son épouse, ou mari, car aucune précision n’a été faite sur les rôles respectifs des deux « conjoints », est un jeune homme d’une vingtaine d’années du nom de Moustapha Guèye, marchand ambulant de son état.
C’est au cours de ses pérégrinations qu’il a fait la connaissance du sieur Lambeau, qui était à la recherche d’un Boy. Ils ont tous les deux été arrêtés le 15 août dernier, au domicile de Richard, par les policiers, suite à une information anonyme d’une tierce personne ; l’information a été donnée avec beaucoup de précisions, à telle enseigne que les enquêteurs les ont surpris au lit, tout nu, alors qu’ils étaient en pause, après des ébats. Les policiers procèdent à une perquisition à l’issue de laquelle, ils ont mis la main sur des liquidés, des films sur l’homosexualité et autres matériels du même genre.
Déféré au parquet, le couple d’homosexuels a comparu à la barre du tribunal des flagrants délits, le 21 août. Avant l’interrogatoire, à la barre, le conseil des prévenus, Me Ousseynou Dione, avait soulevé une exception concernant le délai de garde-à-vue. Selon l’intercesseur, les policiers n’ont pas respecté les dispositions de la procédure pénale, qui prévoient 24 heures, alors que les prévenus ont été déférés au 19 août. Mais le tribunal a rejeté l’exception, et l’affaire a été retenue. Interrogé, le jeune Moustapha Guèye a tenté de nier l’acte sexuel, en l’occurrence la conjonction. Néanmoins, il a reconnu s’être marié avec Richard en Belgique, avant d’ajouter que le seul objectif de ce mariage était d’obtenir un visa pour l’Europe.
« C’était un mariage théorique, j’ai travaillé chez Richard durant deux ans ; et il a apprécié la qualité de mon travail », a confié le jeune homo. « Mais, comment se fait-il que les policiers vous aient surpris au lit, tout nu », interroge le président ? Réponse évasive de Moustapha, qui tente toujours de nier l’acte sexuel. Quant à Richard, il soutiendra que le mariage s’est fait en Belgique. Ajoutant que, depuis deux ans, le jeune Moustapha travaille chez lui, et qu’il a voulu lui faire ce certificat de mariage, afin qu’il puise hériter de ses biens ici au Sénégal.
Concernant les films pornographiques sur l’homosexualité, Richard n’a pu donner des détails précis. « Avez-vous des enfants », poursuit le président ? « Oui, j’ai trois enfants en Belgique », a répondu le prévenu. Le représentant du ministère public, a requis l’application de la loi. Me Ousseynou Dione, conseil des prévenus, a tenté de sauver la tête de ses clients, en mettant l’accent sur les circonstances dans lesquelles l’information est parvenue aux policiers… Tout en affirmant que Richard voulait seulement aider le jeune Guèye.
Par ailleurs, Me Dione dira que Richard a été victime de vol de la part de son gardien, c’est la raison pour laquelle, il s’est trouvé dans l’obligation de rechercher quelqu’un de sérieux. Me Dione précisera qu’à l’arrivée des policiers au domicile du Belge, ce dernier venait de prendre son bain, alors que Moustapha était en train de balayer la cour. Et de plaider que l’acte contre-nature n’est pas avéré, que Richard est libre de faire bénéficier d’une carte de séjour dans son pays à qui il veut.
« Le mariage homosexuel n’est pas reconnu au Sénégal, mais l’est ailleurs », a martelé Me Dione, avant de demander au tribunal de les renvoyer des fins de poursuites. Stupéfaction au délibéré ; les deux homosexuels, reconnus coupables des faits qui leur sont reprochés, ont été condamnés à 2 ans ferme, chacun.
Source : L’office
