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INSOLITE : Tungaï, village kenyan banni des hommes

mardi 23 octobre 2007

Trente-huit femmes, toutes divorcées, vivent entre elles en autarcie dans un village kenyan appelé Tungaï, loin de la gente masculine et de leurs hommes qui les ont maltraitées, rapporte Rue 89, un site d’informations.


‘’Le village est délimité par des branchages d’acacias, qui enclosent une dizaine de maisons, surmontées de toits en terre et bouse de vache. Tout autour, un paysage aride et des montagnes qui donnent à l’environnement un aspect lunaire’’, précise la même source.

‘’Elles sont trente-huit, de tous les âges, à vivre ici, occupées toute la journée à aller chercher de l’eau de source à l’aide de jerricanes en plastique, transportés par des ânes, à fabriquer des colliers pour les touristes et... à se nourrir’’, indique Rue 89.

A l’entrée du village, de jeunes hommes maquillés, vêtus de la tenue traditionnelle des guerriers Samburu, font office de gardes, tous des fils de Tungaï mais à l’âge de la circoncision, vers 15 ans, les garçons sont donc renvoyés à l’extérieur du village pour chercher de la nourriture, et vivre leur propre vie, selon la même source.

Le village est peuplé entièrement de femmes de l’éthnie Sumburu, population d’origine pastorale qui représente 0,5 pour cent de la population du Kenya, explique Rue 89.

’’Ici, pour être accueillies, les femmes doivent être divorcées. La plupart d’entre nous avons décidé de ne plus vivre avec des hommes, qui nous ont violentées, qui ont abusé de nous, nous ont fait travailler comme des esclaves’’, déclare la ’’chef’’ de ce village, Beatrice, 28 ans, trois enfants de 11, 9 et 7 ans.

’’Nous avons réussi, cela attire les jalousies, surtout celle des hommes. Il y a quelques semaines, un homme est venu au village pour nous provoquer, nous insulter, nous disant que nous ne respections pas les traditions. Nous l’avons sorti du village en le battant, il a eu très peur et n’est jamais revenu’’, poursuit Beatrice, également appelée ‘’Chili’’.

L’excision, une pratique traditionnelle très respectée chez les Samburu, a été abolie pour les fillettes du village. ‘’Les gens ne voient pas cela d’un bon œil, peut-être que nos filles auront du mal à se marier, mais au moins, elles ne souffriront pas et ne risqueront pas de mourir en perdant trop de sang", soutient ‘’Chili’’, d’un ton lapidaire.

Mais ‘’si les femmes continuent à avoir des enfants, c’est qu’elles ont donc encore des relations avec des hommes ? Chili ne répond pas. Puis, pour couper court à toute ambiguïté, ou du moins le pense-t-elle, elle extirpe de sa poche quelques racines. D’un air malicieux, elle poursuit : +nous allons chercher ces racines dans les montagnes, les faisons tremper dans de l’eau chaude, puis nous buvons. Cela nous empêche d’avoir du désir pour les hommes+’’, rapporte encore Rue 89.

Chili conclut, selon le site : ’’nous sommes autosuffisantes, on nous regarde comme si nous étions des bêtes curieuses, mais cela ne nous empêchera pas de poursuivre notre vie comme ça’’.

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