Musicien clé de la soul music dont il a bouleversé les canons au tournant des années 60 et 70, Isaac Hayes avait été surnommé le « Black Moses », pour son aptitude à subjuguer les foules, sa prestance grâce à sa voix profonde de baryton et sa soul music. Il a eu droit à un véritable triomphe grâce au film « Shaft », polar black dont la musique, une soul symphonique et baroque qu’il composa en deux jours, devint l’hymne des ghettos. Hayes avait remporté en 1972 l’Oscar de la meilleure musique originale pour ce film.
Isaac Hayes était revenu récemment chez Stax, célèbre maison de disques de Memphis dont il fut, avec Otis Redding, Eddie Floyd et les Staples Singers, l’un des musiciens phare dans les années 60 et 70, et qui renaît de ses cendres. A l’époque de sa gloire, il arrivait sur scène en cuir, le torse nu bardé de chaînes à la manière d’un gladiateur.
En 1991, lors d’un voyage en Afrique en compagnie du chanteur Barry White, il avait été fasciné par ses racines africaines et avait commencé à se dédier à des oeuvres humanitaires, estimant notamment que l’éducation était la clef de la liberté. Il avait créé en 1993 une Fondation portant son nom, menant des actions humanitaires notamment au Ghana, où il a ouvert en 2000 un centre éducatif, consacré à la littérature, à l’informatique et à des cours de prévention sanitaire.
Isaac Hayes s’était marié quatre fois et aurait eu douze enfants au total selon la presse américaine. Il avait notamment eu un enfant de sa dernière femmee Adjowa, qu’il avait épousé en 2005.
L’influence d’Isaac Hayes - qui avait joué pour Otis Redding - sur la musique noire (Barry White et les Ohio Players) est forte, des tubes soul des années 1960 et disco des années 1970 aux BO de films de « blaxploitation » et au rap des années 1980-90.
