Comment analyses-tu tes deux premières saisons nancéiennes ?
Cela a débuté très vite, puisque je n’ai pas eu besoin de période d’adaptation. Mon match et mon but contre Schalke 04 en coupe d’Europe m’ont beaucoup aidé. Je venais d’arriver au club et je devais faire mes preuves. Il y avait aussi une ambiance particulière ce soir-là et je me sentais presque insaisissable. C’est certainement mon meilleur match avec Nancy. Ma deuxième saison a été plus difficile. Les défenseurs adverses commençaient à mieux me connaître, je prenais aussi plus de coups.
As-tu trouvé la solution pour y remédier ?
Je dois devenir plus imprévisible. Avant, j’avais un jeu trop stéréotypé. Cela a bien fonctionné à mes débuts, mais je suis ensuite devenu trop prévisible pour mes adversaires. Je sais aujourd’hui qu’il faut varier son jeu au cours du match, garder le ballon ou le remiser à une touche de balle, diversifier les appels en demandant en profondeur ou dans les pieds, jouer parfois en diagonale,…
Cette troisième saison doit donc te faire franchir un palier supplémentaire ?
C’est mon objectif. J’ai acquis de l’expérience et sais aujourd’hui à quoi m’attendre. Je connais aussi mieux les équipes et les joueurs. Il faut maintenant que je marque plus de buts, que j’en donne davantage et que je me défonce encore plus sur le terrain. Je dois aussi progresser dans le domaine du replacement et du travail défensif. J’ai donc beaucoup de travail. C’est en tout cas une saison importante pour moi.
As-tu toujours l’impression d’avoir l’étiquette d’espoir collée sur ton maillot ?
Non. Je suis désormais un joueur de Ligue 1 comme les autres. Je pense que le club compte sur moi et je dois lui donner satisfaction sur le terrain. Ce n’est pas parce que je n’ai que 21 ans que l’on doit être moins exigeant avec moi. Au contraire, si je peux apprendre beaucoup de choses dès maintenant, je ne dois pas m’en priver. Mon âge n’entre pas en compte.
Avec huit buts lors de ta dernière année de L2 avec Amiens, tu as prouvé que tu étais capable de faire régulièrement trembler les filets
Je dois retrouver le mental qui m’a permis d’être efficace cette saison-là. Pour cela, je dois sans cesse me répéter que j’en suis capable et je dois en être intimement persuadé. Je dois aussi continuer à travailler davantage devant le but. C’est en marquant des buts que je ferais parler de moi. Je dois aussi réussir plus de passes décisives, continuer à provoquer des penaltys. J’en suis capable. J’ai même marqué un but de la tête à Lille. J’en étais le premier surpris (rires). Je peux faire beaucoup mieux et être plus régulier. Mais, je ne suis pas non plus obsédé par le but. Mes performances personnelles passent toujours après le résultat. Ce qui est important, c’est que l’équipe gagne.
L’expérience internationale que tu vas désormais acquérir avec la sélection du Sénégal peut t’aider à progresser ?
Je le pense. Cela peut déjà m’apprendre à mieux gérer les matchs, car ce sont des rencontres internationales de très haut niveau où toutes les erreurs se paient encore plus cher. Je peux aussi apprendre aux côtés de joueurs expérimentés comme El Hadji Diouf. Il a quand même gagné deux ballons d’or africain.
Ce choix du Sénégal au détriment de la France a été difficile ?
C’est le choix du cœur qui a fait pencher la balance en faveur du Sénégal. Ce sont mes racines, et j’ai encore de la famille à Dakar. J’y suis souvent allé pendant les vacances. Ma mère était en tout cas très heureuse de mon choix. Et puis, si la France avait vraiment voulu me garder, certaines personnes m’auraient sûrement téléphoné, et cela aurait pu faire la différence en faveur des Bleus. Cela n’a pas été le cas. Aujourd’hui, je suis donc sénégalais, et très fier de l’être. Devenir un Lion de la Téranga était aussi un challenge excitant…
C’est une grande nation de football, l’une des plus grandes en Afrique. Avec tout le respect que je peux avoir pour ce pays, ce n’est pas le Mozambique. Je ne pars pas dans l’inconnu. Mes coéquipiers m’ont accueilli très chaleureusement et les supporters m’ont réservé une superbe ovation pour mon premier match à Dakar face au Liberia. Cela m’a beaucoup touché. Au sein de l’équipe règne une ambiance extraordinaire, avec beaucoup de décontraction et de la musique dans le vestiaire. Il y a beaucoup de jeunes. C’est un nouveau groupe qui est en train de naître.
Est-ce qu’il a été difficile de tourner la page après votre extraordinaire saison 2007/2008 ?
C’est du passé et il faut toujours regarder vers l’avenir. C’est comme la déception de notre dernier match face à Rennes, il a bien fallu la digérer. Pourtant, nous n’avions encore jamais perdu à la maison et nous avons longtemps cru pouvoir nous qualifier pour le tour préliminaire de la Ligue des Champions.
Quel est le potentiel de l’ASNL cette saison ?
L’effectif n’a pas beaucoup changé et nous avons autant de qualités. Par contre, le regard de nos adversaires est différent. Ils se méfient davantage de nous. On va être forcément beaucoup plus attendu cette saison. Je ne veux pas donner d’objectif en termes de classement, je préfère penser que l’on va terminer cette saison sans regret, avec la satisfaction d’avoir tout donné.
Site.nancy Issiar le chambreur
Dans le vestiaire de la forêt de Haye, Issiar Dia se sent comme un poison dans l’eau. Il chambre et rigole avec toujours beaucoup de bonne humeur. Bavard au rez-de-chaussée, il devient parfois presque muet à l’étage lorsqu’il faut répondre aux questions des journalistes dans la salle de presse. « Je n’ai peur de rien et de personne, mais je n’aime pas trop parler. Je préfère me concentrer sur mon boulot qui est d’être bon sur le terrain. Je suis de toute façon quelqu’un de discret. » Issiar Dia, ce sont donc ses copains et son entraîneur qui en parlent le mieux.
Source : L’office
