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Jean Christophe Rufin, (Ambassadeur de France à Dakar) : « Je suis sur un siège éjectable »

vendredi 13 novembre 2009

Pour la première fois depuis la parution du fameux télégramme confidentiel sur la gestion économique de Wade, Jean Christophe Ruffin s’exprime sur cette affaire. C’était en marge de son installation comme membre de l’Académie française.

L’ambassadeur de France à Dakar, Jean Christophe Rufin est revenu hier avec nos confrères de Radio France internationale (Rfi) sur la ‘crise’ qui l’avait opposé aux autorités sénégalaises après la parution dans l’hebdomadaire satirique français, Le Canard enchaîné, d’un article qui relatait des propos dans lesquels il soutenait que ‘Venir en aide au Sénégal sans lui demander de réformer profondément son système politique reviendrait à fournir à un toxicomane la dose qu’il demande mais le conduit un peu plus sûrement vers sa fin’. En effet, à travers ce télégramme, l’écrivain-diplomate, lauréat du prix Goncourt 2001, dénonçait ‘les mauvaises décisions économiques’, le mystère sur ‘la destination des fonds’, ‘les voyages planétaires’ du président Wade, entre autres.

Soutenant ainsi dans ce texte estampillé confidentiel et dont la presse française avait eu possession, qu’une aide financière de la France au Sénégal devait être conditionnée. Lesquels propos avaient choqué le président Wade au point qu’il aurait demandé son rappel à Paris et son remplacement par un diplomate beaucoup plus ‘supportable’, selon l’hebdomadaire satirique français. Une information que s’était empressé de démentir l’ancien ministre des Affaires étrangères du Sénégal, Cheikh Tidiane Gadio. Qui déclarait que la présidence de la République n’a jamais demandé, par un quelconque canal, le rappel de Jean-Christophe Rufin.

Toujours en poste à Dakar, le diplomate français, qui s’exprimait dans un entretien sur le site de Rfi, déclare : ‘quand on écrit quelque chose, si on l’écrit sincèrement, on n’a pas forcément envie que cela se retrouve sur la place publique’. Avant de poursuivre : ’Je suis sur un siège éjectable. Mais je ne suis pas éjecté’. Pour lui, les relations en Afrique francophone sont très complexes. ‘Les dirigeants africains ont des liens directs avec la France par de nombreux canaux. Il peut y avoir des périodes de tensions et j’en ai connues. Donc, c’est vrai que l’ambassadeur doit rester dans le coup’, martèle ‘l’immortel’.

C’est la première fois, depuis l’éclatement de cette affaire de télégramme, que l’ancien président de l’Ong ‘Action contre la faim’ a accepté de se prononcer sur la question qui avait, un moment, gêné les relations entre le diplomate et le président Wade.

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