Absente de la barre pour avoir fui aussitôt après son forfait, la dame Ndèye Arame Diop a été condamnée hier par la Cour d’assises de Dakar séant à Thiès qui l’a jugée par contumace. Aussi, retenant contre elle les faits pour lesquels elle est poursuivie, la Cour lui a infligé une peine de 10 ans de travaux forcés. Les faits remontent au 31 octobre 1997 quand les éléments de la brigade de gendarmerie de Mékhé ont été saisis par le sieur Aly Diop. Ce dernier leur fera savoir que sa fille Ndèye Arame Diop avait mis au monde un enfant qu’elle a enterré dans sa propre concession. Fait que les gendarmes constateront sur les lieux. En effet, ils découvriront derrière le bâtiment de la maison un trou dans lequel gisait le corps d’un bébé en état de putréfaction très avancé, enveloppé dans un pagne noir.
Devant les gendarmes enquêteurs Aly Diop, non voyant de son état, fera savoir que c’est par la rumeur publique qu’il avait appris que sa fille qui était enceinte ne portait plus sa grossesse. Et ce n’est qu’après, aidé par son fils Moussa Diop et son ami Ablaye Diop, qu’il entreprendra une fouille dans la maison. Cette dernière sera fructueuse puisqu’ayant permis de découvrir l’endroit où la femme avait enterré son enfant. Ces déclarations du père de famille seront confirmées par Moussa et son ami. Deux autres témoins Sokhna Diop et Khady Diop, co-épouses de la mère de l’accusée, affirmeront à leur tour que Ndèye Arame Diop était bien enceinte mais son père ignorait tout de son état. L’enquête révèlera aussi que la mise en cause était une femme mariée et mère de deux enfants mais aussi que son époux, émigré de son état, était absent du pays depuis quatre ans.
Au niveau du district sanitaire de Mékhé, où le corps du nouveau-né a été transféré, le certificat de genre de mort délivré par le médecin révèlera que l’enfant exhumé était de sexe féminin et né à terme. Mais qu’en l’état, il était difficile d’affirmer qu’il était vivant à la naissance. Les faits ainsi rapportés au magistrat instructeur, ce dernier lancera un mandat d’arrêt contre l’accusée. Un mandat d’arrêt qui ne sera jamais exécuté puisque Ndèye Arame Diop avait pris le soin de vider les lieux dès que la nouvelle de son forfait avait commencé à se répandre. Les recherches entreprises s’avèreront vaines.
Aussi et en l’absence de l’accusée, l’avocat général se fondant sur la constance des faits mais aussi des témoignages concordants, a requis contre Ndèye Arame Diop une peine de 10 ans de travaux forcés. Un réquisitoire qu’il appuie sur le fait que l’accusée avait toutes les raisons de se débarrasser d’un enfant né hors mariage. Mieux, argumentera-t-il, le fait qu’elle ait enterré clandestinement l’enfant témoigne de l’intention criminelle de l’accusée. La cour suivra dans sa délibération le réquisitoire de l’avocat général en retenant contre Ndèye Arame Diop le délit d’infanticide pour lequel elle est poursuivie et en la condamnant à une peine de 10 ans de travaux forcés.
