Accueil du site > Actualités > Karim Wade ministre d’Etat : Le père coache son fils pour le sommet de (...)

Karim Wade ministre d’Etat : Le père coache son fils pour le sommet de l’Etat

samedi 2 mai 2009

Ceux qui avaient vite fait d’enterrer politiquement Karim Wade à l’issue des élections locales, devront revoir leur copie. Le patron de l’Anoci est plus que présent sur la scène politique. Mieux, il s’entraîne à l’exercice du pouvoir grâce à sa participation à l’action gouvernementale à un juteux portefeuille de ministre d’Etat, ministre de la Coopération internationale, de l’Aménagement du territoire, des Transports aériens et des Infrastructures. Une manière pour Me Wade d’obliger les élus locaux de l’opposition à collaborer avec celui qui a failli être le maire de Dakar.


Il a perdu les élections locales de mars dernier jusque dans son bureau de vote. Mais il est bien sur la ligne d’arrivée avec un bon portefeuille ministériel. Karim Wade est le nouveau ministre d’Etat, ministre de la Coopération internationale, de l’Aménagement du territoire, des Transports aériens et des Infrastructures. De quoi créer la surprise chez bon nombre de Sénégalais qui avaient vite fait d’enterrer politiquement le fils du chef de l’Etat, par ailleurs ancien conseiller spécial du président de la République et maître d’œuvre du dernier sommet de la conférence islamique tenu à Dakar en mars 2008. En fait, Karim Wade vient réellement d’entamer sa marche pour la magistrature suprême sous le coaching de son père.

De bonne guerre, car le principal reproche qui était jusque-là formulé contre Karim Wade était sa position non-officielle dans l’attelage gouvernemental. La donne va désormais changer. Le président de l’Anoci devenu ministre d’Etat avec un portefeuille plus qu’enviable, aura la latitude d’entrer en contact direct avec le Sénégalais lambda et de présenter son projet politique sans courir le risque d’être un cheveu dans la soupe politique.

La coopération internationale lui servira sans doute de tremplin pour étendre ses tentacules sur le terrain de la diplomatie, sans sous-estimer le rôle que le nouveau ministre des Transports aériens a joué dans la recherche de bailleurs de fonds pour le nouvel aéroport Blaise Diagne de Diass. Me Wade qui vient d’annoncer le décollage du premier avion sur cet aéroport pour 2010 ne pouvait trouver mieux. Le chemin est donc tout tracé pour le fils du président de la République. Il tient désormais l’opportunité de prouver aux Sénégalais qu’il peut prétendre à la magistrature suprême, non par le biais des chantiers de l’Anoci, mais par l’appréciation que ses concitoyens auront de lui au terme de son mandat.

Surtout que le secteur de l’aménagement du territoire lui donne l’opportunité d’accompagner le développement économique des territoires et la réduction des inégalités spatiales en termes économiques et sociaux. Et c’est là où le chef de l’Etat et secrétaire général national du Pds semble vouloir prendre sa revanche sur l’opposition qui trône sur bon nombre de collectivités locales jugées très importantes. Ces messieurs de l’opposition se trouvent ainsi obligés de coopérer avec Karim Wade dans l’accomplissement de leur mission.

Reste maintenant à savoir si le patron de la Génération du concret, obligé qu’il est par sa nouvelle mission d’entrer en contact avec les populations, va enfin communiquer directement avec ses administrés. Car on l’imagine mal se contenter d’un discours en français au fin fond du Fouta. Les interprètes et autres souffleurs ne suffiront plus. Karim Wade va devoir affronter la dure réalité du terrain qu’il a palpé au cours de la campagne électorale avec des fortunes diverses. Mais c’est justement pour cela que Me Wade l’a mis dans le gouvernement.

Georges Nesta DIOP Source : Walf

Répondre à cet article