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Kenya : L’opposition ne désarme pas, les Etats-Unis envoient un émissaire

jeudi 3 janvier 2008

Après avoir dû renoncer à manifester ce jeudi dans Nairobi quadrillée par la police, l’opposition menée par Raila Odinga appelle à une nouvelle mobilisation demain. Les Etats-Unis vont envoyer un émissaire au Kenya pour « favoriser le dialogue » des opposants avec le président Mwai Kibaki.


Jendayi Frazer quitte les Etats-Unis ce jeudi soir, direction le Kenya. La secrétaire d’Etat adjointe chargée des Affaires africaines a pour mission de tenter de promouvoir le dialogue entre le président réélu Mwai Kibaki et le dirigeant de l’opposition Raila Odinga. La secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice a téléphoné une nouvelle fois ce jeudi aux deux responsables pour les exhorter à faire preuve d’esprit de compromis.

Un esprit qui ne semble pas vraiment régner pour le moment dans le pays, malgré les déclarations du président. « Je suis prêt à nouer le dialogue avec les parties concernées une fois que le calme sera revenu dans le pays et que le climat politique sera suffisamment apaisé », a déclaré Mwai Kibaki.

Raila Odinga, président du Mouvement démocratique orange et candidat à la présidentielle du 27 décembre, reste sur ses positions : il conteste les résultats des élections et dénonce les violences orchestrées, selon lui, par le camp présidentiel.

Sur le terrain, le calme est loin d’être revenu (lire ci-dessous le récit de notre correspondante) et l’opposition ne désarme pas. Dans une capitale en quasi état de siège, les partisans de Raila Odinga se sont heurtés aux policiers et n’ont pas réussi à gagner le parc de Uhuru en plein centre de la capitale. Ils ont été dispersés à coups de canons à eau et de gaz lacrymogène.

Après avoir annoncé qu’il reportait sa manifestation à la semaine prochaine, le Mouvement démocratique orange a finalement lancé un nouvel appel au rassemblement pour ce vendredi. Rassemblement tout aussi interdit que le précédent, dans le même parc de Uhuru.

Les remises en cause des conditions de la réélection de Kibaki ne viennent pas seulement de l’opposition. Le procureur général du Kenya, Amos Wako, a estimé ce jeudi « nécessaire » une enquête « indépendante » sur les élections générales du 27 décembre. Hier, c’était le président de la commission électorale qui affirmait avoir reçu des pressions pour annoncer les résultats.

Quatre personnes, selon un bilan provisoire, ont été tuées dans la journée de jeudi dans les violences à travers le pays, dont trois dans l’ouest. Cela porte à 346 victimes le bilan des affrontements depuis la proclamation des résultats de la présidentielle. Les violences des derniers jours ont également jeté sur les routes environ 100 000 déplacés, selon la Croix-Rouge kényane.

source : Rfi

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