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Khalifa Sall (Maire de la capitale) : « La ville de Dakar doit une dizaine de milliards au secteur privé »

mercredi 3 juin 2009

Les projets de construction ne passeront plus comme lettre à la poste. Le nouveau maire de Dakar refuse d’accepter tous les projets que l’Etat lui proposerait.


La ville de Dakar refuse d’accepter n’importe quel projet de construction que l’Etat lui proposera, a souligné hier le nouveau maire de la capitale sénégalaise. ‘En ce qui concerne les permis de construction, l’Etat veut neutraliser les collectivités locales. Certains projets de construction ne rencontrent pas l’assentiment ou l’approbation des populations. Les collectivités locales vont s’y opposer. Nous, en tout cas à la mairie de Dakar, nous ne validerons pas n’importe quel projet’, a averti hier Khalifa Ababacar Sall, lors de sa rencontre avec le Conseil national du patronat (Cnp).

Il a cependant affiché sa volonté d’ouverture au dialogue avec le pouvoir central. ‘Nous allons discuter avec l’Etat pour voir si certains projets sont bons pour les populations. Aujourd’hui, il n’y a plus de terrains de sport dans les quartiers. Tous les terrains sont en train d’être lotis. Il n’y a plus de lieux de loisirs. Si on donne des projets de ce genre, nous allons refuser. Nous ne pourrons pas tout accepter. Au lieu d’aller vers des bras de fer, nous mettrons en place des mécanismes de dialogue et de discussion avec l’Etat pour faire les bons arbitrages’, a-t-il indiqué.

Dans le cadre du réaménagement du territoire de Dakar, le maire entend mettre en œuvre une gestion transparente et participative avec l’implication du secteur privé dans tous les projets de la ville. ‘Il s’agit d’échanger et de recueillir les points de vue des uns et des autres pour bâtir une démarche commune. Il s’agit de reconstruire Dakar. Et cela ne pourra se faire sans l’apport du patronat sénégalais. Nous leur avons dit notre foi à développer et à promouvoir le secteur privé national. Dans tout ce que nous allons faire, nous le privilégions’, a-t-il promis.

Cet esprit d’ouverture de M. Sall au secteur privé se manifeste même dans la gestion des marchés. ‘Je serai au marché Sandaga demain (ce mercredi : Ndlr). J’ai été au marché Kermel aujourd’hui (hier : Ndlr) et au marché Alizé. Notre démarche, basée sur la concertation, doit nous permettre d’aller vers des solutions utiles et faciles à mettre en œuvre. Il ne s’agit pas tout simplement de prendre des décisions. Il faut aussi être en mesure de les mettre en œuvre. Et nous pensons que c’est par la concertation et la discussion que nous pouvons parvenir à cela. Et nous sommes heureux de constater que le patronat est prêt à nous accompagner’, a-t-il souligné.

Parlant de l’éclairage public, Khalifa Sall a déploré que des dizaines de milliards soient investis alors que le problème demeure entier. ‘La ville de Dakar a investi 22 milliards de francs dans l’éclairage public.

Malheureusement, il subsiste des problèmes’, a-t-il soulevé. Aussi, a-t-il fait appel au secteur privé pour la gestion de ce dossier. ‘Nous avons demandé au secteur privé de nous accompagner, d’abord dans la mise en œuvre du financement français. Nous avons aussi demandé au secteur privé de s’investir dans les autres projets que nous allons mettre en œuvre. Mais ce qui est important, c’est de mettre l’accent sur l’entretien du réseau d’éclairage public’, a-t-il dit.

Sur la question de la dette due aux entreprises privées, le maire de Dakar s’est engagé à la régler avant la fin de l’année en cours. ‘La ville de Dakar doit une dizaine de milliards de francs au secteur privé. Nous nous sommes engagés à éponger cette dette d’ici décembre 2009, en privilégiant les petites et moyennes entreprises, les petites et moyennes industries (Pme-Pmi) et les micro entreprises. Nous ne pouvons pas promouvoir le secteur privé si nous ne payons pas les dettes et si nous ne leur donnons pas les moyens d’agir’, a-t-il encore promis.

La question des ordures ménagères préoccupe aussi le maire de Dakar. ‘Les ordures ménagères constituent une question en débat. Véolia est sur le marché. Mais nous voulons des sociétés qui s’appelleraient ‘Tabara’ ou ‘Fatou’. Ce qui importe pour nous, c’est l’implication et la responsabilisation du privé national dans ce domaine. La ville de Dakar paie à la société Véolia 5 milliards pour s’occuper du 1/5 de Dakar. Les 4/5 sont pris en charge par des gens à qui on donne 5 milliards. Pourquoi ne pas responsabiliser les Sénégalais dans ce secteur ?’, s’est-il interrogé.

Abordant les questions relatives au commerce, Khalifa Sall trouve excessive l’implantation des centres commerciaux à Dakar. ‘Nous pensons qu’il y a trop de centres commerciaux à Dakar. Dans le cadre de la réorganisation, du réaménagement de Dakar, il faut installer les centres commerciaux aux Parcelles Assainies, à Grand-Yoff et à Yoff. Nous ne pouvons pas décongestionner Dakar en laissant tout le monde venir au centre-ville. Il faut faire en sorte que les gens trouvent dans leur localité ce dont ils ont besoin. C’est la même chose pour les mécaniciens. Il faut les mettre dans un cadre où ils ne gêneront personne’, a-t-il laissé entendre.

Cette rencontre a été l’occasion pour la ville de Dakar d’exposer sa vision, ses objectifs et de partager avec les patrons les préoccupations de la Commune dans le cadre de la mise en œuvre du projet de ville. Et l’engagement du Cnp de l’accompagner à réaliser ces objectifs lui va droit au cœur. ‘Nous avons recueilli, avec beaucoup d’intérêt, les observations, les suggestions et les préoccupations du patronat. Notre conviction est que c’est par le partenariat public-privé que la ville de Dakar pourra redéployer et réorganiser ses activités.

Nous sommes heureux de constater les bonnes dispositions dans lesquelles se trouvent les patrons sénégalais. Ils se sont engagés à nous accompagner, à faire en sorte que dans le domaine de la salubrité, de la mobilité urbaine, de la sécurité, ils s’investissent à nos côtés’, s’est-il réjoui. ‘Nous leur avons fait part de projets de ville dont nous sommes porteurs en matière de réorganisation des activités commerciales, de construction d’infrastructures comme les parkings, les salles de cinéma et autres secteurs culturels. Sur tous ces sujets, les patrons ont fait montre d’une très grande disponibilité. Ils vont nous accompagner à travers le Conseil consultatif que nous allons mettre en place’, a-t-il fait savoir.

Ndakhté M. GAYE Source : Walf

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