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Les dépenses extrabudgétaires s’élèvent à 11 milliards, selon Abdoulaye Diop

lundi 10 novembre 2008

Les dépenses non autorisées effectuées par les services publics dépendant du ministère de l’Economie et des Finances s’élèvent à 11 milliards de francs CFA, a annoncé lundi à Dakar le ministre de l’Economie et des Finances, Abdoulaye Diop, promettant un audit pour situer ces manquements.

‘’Pour les services relevant du ministère (de l’Economie et des Finances), c’est 11 milliards. Pour les autres dépenses, il y a 62 milliards qui ont été identifiés. Et dans les 62 milliards, il y a bien sûr des dépenses extrabudgétaires. C’est le cas pour l’université, les établissements publics de santé et d’autres structures décentralisées sur lesquelles nous n’avons aucune emprise’’, a indiqué M. Diop.

L’Assemblée nationale a adopté le même jour le projet de loi de finances rectificative 2008. La loi de finances rectificative a été rejetée par deux députés, Cheikh Bamba Dièye et Ndèye Fatou Touré qui ont dénoncé des ‘’dépassements budgétaires’’ et des ‘’dépenses de prestige’’ dans le cadre du budget initial.

La loi de finances rectificative est constituée de 1.651,7 milliards de francs CFA en recettes et 1.688,1 milliards en dépenses, soit un déficit prévisible de 36,4 milliards de francs.

‘’Nous sommes en train de travailler pour auditer l’ensemble des dépenses extrabudgétaires pour voir si elles sont régulières, si les montants communiqués par nos partenaires du privé ou d’ailleurs sont exacts. Après l’audit, on pourra dire avec exactitude (comment ont été dépensés) ces 62 milliards’’, a ajouté M. Diop.

Les médias sénégalais avaient fait état, il y a quelques mois, de ’’dépassements budgétaires’’ dans l’exécution du budget initial de 2008. Ces dépenses non autorisées par le Parlement avait amené le président de la République à limoger son ministre délégué auprès du Budget, Ibrahima Sar.

‘’Ces dépenses extrabudgétaires sont illégales selon la loi. Elles ne devaient pas être payées parce que non autorisées par le Parlement. Après l’audit, je viendrai devant le Parlement pour lui proposer, dans le cadre d’une loi de finances initiale ou d’une loi de finances rectificative, de voir comment les payer. C’est seulement à ce moment-là que j’aurais le droit de les payer’’, a précisé Abdoulaye Diop.

Contrairement aux affirmations de 109 milliards, les dépenses non autorisées s’élèvent à 11,8 (exactement 11.815.389.613) milliards de francs CFA, indique la commission de l’économie générale et des finances de l’Assemblée nationale dans un rapport établi en prélude de l’examen de la loi de finances rectificative.

‘’Pour l’université, a expliqué Abdoulaye Diop, plus de 10 milliards sur les 13 milliards dépensés sont des cotisations à des organismes sociaux tels la Caisse de sécurité sociale, le FNR (Fonds nationale de retraite), des impôts et taxes…On ne peut pas les considérer comme des dépenses extrabudgétaires, mais ce sont des dépenses engagées et non mandatées’’.

Ces administrations ‘’n’ont même pas demandé l’avis de leur ministère (de tutelle) avant de le faire (dépenser cet argent). Ils étaient peut-être dans l’obligation de le faire. Ils avaient peut-être des problèmes de gestion. Ils ont dû, par manque de rigueur, contracter ces dettes. (…) Pour le moment, on ne m’a donné que des montants et d’ici la fin de l’année, je vais lancer un audit d’ici la fin de l’année’’, a-t-il poursuivi.

Le député libéral Abdoulaye Babou a proposé la création d’‘’une structure qui puisse en amont et en aval’’ éviter les dépenses non autorisées ‘’de l’argent public’’. ‘’Il y a une faille du ministère de l’Economie et des Finances’’ qui a conduit à ces dépenses extrabudgétaires, a-t-il dénoncé.

‘’Ce n’est pas une faille du ministère de l’Economie qui n’est pas la tutelle des administrations qui ont fait ces dépenses’’, a rectifié Abdoulaye Diop.

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