Les libéraux ont encore étalé toutes leurs divergences hier dans les locaux du Conseil régional de Dakar lors de l’élection du président de cette institution. Convoquée à 10 heures, jusqu’à 17 heures, la session n’a pu se tenir. Les conseillers régionaux, divisés en deux camps, (les partisans de Kader Sow et ceux Joseph Sarr), les deux candidats en compétition, se sont violemment affrontés au cours de cette rencontre, qui s’est finalement terminée en queue-de-poisson. Les uns étaient pour l’élection du nouveau président sans la présence du représentant de l’Etat, en l’occurrence, le gouverneur de Dakar. Et les autres étaient pour un report de cette élection à un autre jour. Le débat était ouvert.
Les esprits s’échauffent. Les mots commencent à voler très bas. Les injures partent de partout.Morceaux choisis : « Da may ñapp sa nd… ! » (Je b…ta m… !), lance le conseiller libéral Pape Cissé à l’endroit de son collègue Amadou Sène Niang. Ce dernier réplique et Pape Cissé se jette sur lui. Des coups de poing sont balancés. Certains journalistes, assis juste derrière, sont obligés de se sauver. Mayacine, le garde du corps d’Ablaye Faye, s’interpose entre les deux. Pape Cissé le bouscule. Il résiste. Pendant ce temps, le président intérimaire, Ousmane Badiane, semble être débordé par la tournure des événements. Il appelle au calme. Un appel qui tombe dans l’oreille de ces sourds. Puisque M. Cissé a continué son cinéma durant presque près de 45 minutes, installant un climat invivable dans la salle. Le public qui assistait aux débats, n’a pu se priver de le huer, surtout quand il a dit qu’il est petit-fils d’un dignitaire lébou. Une réaction qu’il n’a pas appréciée. Il demande alors au président Badiane de faire évacuer la salle. Le public résiste. S’installe un véritable méli-mélo. Des injures et autres propos déplacés fusent des couloirs. Finalement, le président réussit à faire évacuer la salle. M. Cissé reprend alors la parole. Cette fois-ci, c’est pour charger certains présidents de commission : « Il y a certains présidents de commission qui veulent qu’on leur vire des millions. Ils ont des marchés qu’ils veulent financer. C’est un cercle de détourneurs des fonds du conseil régional… ». De l’autre côté de la salle, un autre conseiller, Djéynaba Ly, est intraitable : « Ce n’est pas normal que l’on commence par l’examen du budget. Il faut que l’on commence par le vote. Les autres conseillers ont boudé par la faute du président Badiane ». Les libéraux ont ainsi installé la pagaille et le bordel dans la salle. Malgré les appels au calme d’Ousmane Badiane, ils sont restés intraitables. Finalement, la rencontre s’est terminée dans la confusion. L’élection du président est reportée à vendredi prochain.
Source : L’observateur / Xalima.com







