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Les plus hautes autorités se renvoient la balle : Comment la démolition du stade Assane Diouf est devenue une affaire d’Etat

samedi 1er mars 2008

Après la démolition du stade Assane Diouf, le président de la République est, selon certaines sources, entré dans une colère noire qui l’aurait poussé à demander une enquête. Serait-ce une affaire d’Etat.


Profitant de la fièvre du Magal, des bulldozers sont entrés en action en début de semaine pour réduire ce qui s’appelait stade Assane Diouf en un tas de gravats. Ceci, sans que personne ne sache qui a donné l’ordre. Le président de la République, chef suprême de l’Exécutif et des Armées, destinataire principal des bulletins de renseignements, était lui-même tenu à l’écart de cette opération-commando qui a fini de mettre le pays sens dessus, dessous.

Alors, aux grands maux, les grands remèdes : une enquête commanditée illico presto pour mettre la lumière sur cet enfant naturel dont personne ne veut assumer la paternité, discussion en conseil des ministres, convocation des parties prenantes à l’affaire par le fils du président de la République et Président exécutif de l’Anoci, saisine de l’Assemblée nationale par le député Bamba Dièye, etc. Aussi n’est-il pas exagéré de penser à une affaire d’Etat.

D’autant que les principaux protagonistes de l’affaire se rejettent mutuellement la responsabilité. La mairie de Dakar, celle de Dakar-Plateau se renvoient, en effet, la balle dans cette affaire qui pollue le sommet de l’Etat. Mais, une question simple s’impose : comment se fait-il qu’un édifice aussi stratégique que le stade Assane Diouf soit démoli sans que les plus hautes autorités de l’Etat (président de la République, Premier ministre, ministre des Sports, ministre de l’Intérieur) ne soient au courant ? ‘Si c’est le cas, nous n’avons pas d’Etat’, tranche Moustapha Diakhaté, militant du Pds et ancien coordonnateur de Waccok alternance.

Et à force de crier au voleur, l’Etat se retrouve dans la ligne de tir de ceux qui sont convaincus de sa culpabilité. Parce que se révélant lui-même incapable de jouer son rôle d’alerte en prévenant des actes que la Ld qualifie de ‘vandalisme’ et que d’aucuns qualifient de ‘forfaiture’. Ainsi, il se retrouve débiteur d’une obligation de reddition de compte et de transparence que Moustapha Diakhaté ne prend pas de raccourcis pour lui réclamer. ‘Il faut dire la vérité aux Sénégalais : si le site du stade a été donné à Kawsara, qu’on nous le dise’, déclare le candidat à la mairie de Dakar. Sauf à considérer que l’Etat cherche, en sourdine, à justifier les actions de ses agents qui auraient trempé dans l’acte de destruction aux dépens de la morale, du droit ou d’autres impératifs plus ou moins avouables.

En tous les cas, Moustapha Diakhaté qui est convaincu qu’on est en face d’une ‘sérieuse affaire d’Etat’, exige que les démolisseurs soient connus et que leurs commanditaires soient débusqués.

Source : Walf

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