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Lutte contre la traite des enfants : L’Onu met à nu les manquements du Sénégal

samedi 31 octobre 2009

Le rapporteur spécial des Nations Unies, Mme Najat Maalla M’jid sur la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants a relevé plusieurs manquements sans la prise en compte desquels, il sera très difficile pour le Sénégal de combattre ces phénomènes.

Au cours d’un face-à-face hier avec la presse nationale et internationale, le rapporteur spécial des Nations Unies sur la question de l’enfant a relevé l’absence d’un système d’information centralisé, de la connaissance des lois protégeant les enfants, la non-dénonciation par peur de représailles et de stigmatisation, et des différences de perception des concepts traite, vente, migration, exploitation économique et apprentissage des enfants. Mme Najat Maalla M’jid déclare avoir noté, au cours de sa visite d’observation préliminaire du 21 au 30 octobre au Sénégal sur la situation de l’enfant, que si les phénomènes d’abus et d’exploitation sexuelle des enfants et d’exploitation des enfants dans la mendicité constituent un sujet qui préoccupe tous les acteurs rencontrés à Dakar, Saint-Louis et Mbour où s’est rendue sa mission, ‘leur ampleur réelle reste méconnue’.

C’est ainsi en présence du conseiller spécial du président de la République sur les Droits de l’homme, Cheikhou Cissé, et du représentant régional du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’homme, Mahamane Cissé ‘Gouro’, qu’elle a encouragé le Sénégal à mettre en œuvre un système standardisé de collecte et de traitement des données, initié en collaboration avec Unicef, et à l’élargir à toutes les formes d’exploitation et de vulnérabilité des enfants.

‘La problématique est importante, mais est-ce qu’elle est alarmante ? Je ne le sais pas’, a répondu Mme Maalla qui pense qu’au Sénégal, ‘il faut une prise en charge intégrée des enfants puisque ces derniers sont hétérogènes et viennent de divers horizons’.

Dans la prévention et la lutte contre les abus et exploitation sexuels, la traite et les pires formes de travail des enfants, le rapporteur spécial de l’Onu a noté l’existence de nombreuses initiatives, avec la mise en place au niveau central de multiples mécanismes de coordination et au niveau départemental des comités techniques de suivi. Pour Mme Maalla, ces programmes souffrent dans leur mise en œuvre d’un manque en ressources logistiques, financières et humaines qualifiées. Et le plus inquiétant ici, selon elle, c’est que ces programmes étant fortement tributaires des partenaires au développement, leur pérennité est compromise.

Mme Maalla situe les origines de ces phénomènes dans la dé-responsabilité des parents qui voient en leurs enfants un fonds de commerce, le développement de l’industrie du sexe par la porno et l’Internet, l’urbanisation anarchique du milieu rural, la prolifération sauvage de maîtres coraniques. ‘On ne peut pas, au nom d’une légitimité religieuse, permettre la mendicité, l’exploitation des enfants’, a-t-elle rappelé. Une position que le conseiller du président de la République partage. Selon Cheikhou Cissé, la réticence interne à ce sujet des marabouts qui mènent des lobbyings, est réelle. Toujours est-il, ajoutera M. Cissé, qu’’il appartient à l’Etat de faire face à ses responsabilités’.

Abdoulaye SIDY _walf

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