Les coûts du livre rebutent encore bien des acheteurs potentiels, alors que les best-seller sont assez rares. « L’Afrique a une mission à assumer , contribuer à la diffusion des idées dans le concert des nations et à l’heure de la mondialisation » pense notre éditeur.
Le manque de moyen ne peut pas être une excuse pour les africains
Particulièrement au moment où l’on parle de l’irruption du « livre électronique » ou « e book », il y a là une chance à saisir pour l’Afrique. Pour, l’écrivain et éditeur Moustapha Ndéné Ndiaye c’est là un futur du livre qui offre à l’Afrique, la chance d’être dans le train des innovations. Le livre classique ne risque pas de disparaître si vite, mais les avantages du « e book », au point de vue du coût et de l’accessibilité va changer les données de l’édition classique, estime ce jeune éditeur qui compte bien exploiter ces voies neuves.
Penser à un avenir qui semble proche n’empêche pas Moustapha Ndéné Ndiaye d’apprécier la réalité actuelle. « L’édition sénégalaise sort d’un long silence, elle connaît une embellie remarquable depuis 2OO9. Je pense que l’édition doit cette situation enviable au nouveau dynamisme qui anime le Fonds d’aide à l’édition domicilié à la direction du livre et de la lecture. Nous avons aujourd’hui un cadre général où le Sénégal est capable de produire 200 livres par an, c’est un nouveau souffle bénéfique pour notre littérature », estime Moustapha Ndéné Ndiaye, promoteur de « Fama Edition ». Il parle en connaissance de cause, lorsqu’il nous fait cette confidence. IL a édité depuis ces derniers mois plusieurs titres tels que « Debout mon enfant » de Seydi Sow, « l’imaginaire Saint-louisien (domou ndar) à l’épreuve du temps » de Alpha Amadou Sy, le recueil bilingue (français et ouolof) de poèmes « Vivre d’amour » de Mamadou Mbaye, « les anges blessés » de Pape Samba Sow. Dans les projets immédiats de ce jeune éditeur il y a encore en réédition des œuvres comme « le choix de l’Ori » et « Histoire d’Iéwa ou les pièges de l’amour » de l’écrivain saint louisien Louis Camara.
Moustapha Ndéné Ndiaye est un éditeur qui a le vent en poupe, après une dizaine d’années d’expériences parsemées de difficultés.
L’idée d’un soutien systématique du fonds de l’édition pour toute édition n’est pas forcément plaisante. Cependant le militantisme pour la diffusion et la promotion du livre doit s’en accomoder dans un contexte économique qui reste difficile, selon Moustapha Ndéné Ndiaye . Avec des partenaires, il crée en 1999 « Fama éditions » (ndlr du nom de sa mère disparu en 1970).
Il bénéficie aujourd’hui de la confiance de grands noms de la littérature sénégalaise qui ont consenti à lui confier leurs livres. Il cite notamment Seydi Sow et Louis Camara qui ont inscrit leur nom sur les tablettes du Grand Prix du président de la République pour des Lettres il y a plus d’une décennie. « J’ai pris l’initiative de me lancer dans l’écriture après l’université, à la fin des années 90, mais je suis vraiment passé à l’action lorsque je suis retourné dans ma ville natale, à Thiés.
En réalité quand j’ai écrit mon premier roman, j’avais déjà bénéficié d’une bonne expérience dans la presse et j’étais déjà éditeur. »
L’objectif de Moustapha Ndéné Ndiaye est que tous les auteurs thiéssois puissent être produits sans entrave. Il estime qu’en dehors de grands noms comme Mbaye Gana Kébé, il existe au moins une demi douzaine d’auteurs que sa maison d’édition tient à faire sortir de l’ombre. Dans son projet de diffusion et de promotion du livre ,Moustapha Ndéné Ndiaye essaie également d’animer dans sa ville de THiés un espace culturel et littéraire.
Jean PIRES http://www.africatime.com/Gabon/nou...
