Le député Moussa Sy, et actuel maire de la commune d’arrondissement des Parcelles Assainies, qui accuse son prédécesseur Mbaye Ndiaye de mauvaise gestion, a menacé de le traîner en justice. Hier, en marge de la cérémonie de remise de dons aux nécessiteux de ladite commune, il a indiqué que la nouvelle équipe qu’il dirige compte intenter une action en justice pour faire la lumière soit faite sur toutes les malversations financières, les emplois fictifs, et autres mauvaises gestions pratiquées par l’ancien maire.
Et pour le nouveau maire, il y a de quoi fouetter un chat par rapport à la gestion de son prédécesseur. D’ailleurs, selon lui, la mairie s’est constituée partie civile dans une affaire qui oppose un promoteur immobilier à des commerçants. Ce dernier, révèle Moussa Sy, avait promis de construire des cantines à des commerçants avec l’aval du maire sortant (Mbaye Ndiaye, ndlr), mais sans celui du conseil municipal. D’autre part, il a révélé que la gestion des marchés de Mbaye Ndiaye avait été marquée par une évasion fiscale énorme.
‘Il est incompréhensible que des communes comme Castors, Patte d’Oie, Grand Yoff qui ont un seul marché chacune engrangent plus de recettes fiscales que les Parcelles Assainies qui disposent de pas moins de quatre marchés et de nombreux commerces n’arrivent pas à atteindre 100 millions de francs’, a-t-il souligné. A l’en croire, cette année, en 11 mois, les recettes ont été inférieures à 70 millions de francs. Toutes choses qui lui font dire qu’il y a donc une ‘évasion fiscale énorme’. Pour le nouveau maire des Parcelles Assainies ‘on collecte l’impôt, mais l’argent n’arrive pas dans les caisses de la municipalité’.
Ainsi Moussa Sy estime que le budget de cette année qui était de 500 millions devrait atteindre le milliard pour une commune avec une population estimée à 350 000 âmes. En outre, il rappelle que son équipe a trouvé dans les comptes de la commune la somme de 35 millions de francs. Et sur les 241 millions dépensés en fonctionnement, 125 millions proviennent de la ville de Dakar. Moussa Sy a aussi accusé son prédécesseur de surfacturation. Ainsi, d’après lui, la nouvelle équipe a trouvé des dépenses non mandatées et surtout des surfacturations. ‘À titre d’exemple, nous avons trouvé un lot de 1 000 cahiers de 96 pages à 8,5 millions de francs. Soit un cahier à 8 000 francs’, dit-il.
Avant de s’interroger : ‘Où a-t-on vu un cahier coûter 8000 francs, même si toutes les denrées ont connu une hausse’ ? Le nouvel édile des Parcelles Assainies entend pareillement poursuivre Mbaye Ndiaye pour des emplois fictifs. D’après lui, 212 personnes émargeaient chaque mois sans être des employés de la mairie. Moussa Sy accuse aussi son prédécesseur d’avoir loué ou vendu des terrains situés sur la voie publique. Alors que selon lui, la loi stipule que la mairie n’a pas la compétence de louer ou de vendre. Ensuite toute location de terrain sur la voie publique doit se faire à titre précaire et révocable, donc nul n’a le droit de construire en dur. Et l’ancien maire aurait outrepassé ses droits en violation la loi sur ce domaine.
En plus, la loi sur la décentralisation selon Moussa Sy, fait obligation aux mairies à venir en aide aux chefs religieux, d’entretenir les lieux de culte comme les mosquées et les églises. Et de l’avis de Moussa Sy, tout maire qui ne le fait pas est en violation avec la loi. Pourtant, révèle-t-il, son prédécesseur n’a jamais accordé de subvention à ces derniers. Enfin, le député compte mener une enquête sur le vrai propriétaire de la radio municipale. Car, d’après lui, Mbaye Ndiaye leur a toujours dit que la radio, dont le loyer était assuré par la mairie n’appartiendrait pas en réalité à la mairie, puisqu’un ‘certain Karim Cissé qui se dit être le propriétaire de la radio leur a sorti une convention le liant à la mairie et dans cette convention, il n’est écrit nulle part que cette station radio appartient à la mairie’.
Selon toujours le nouveau maire, toutes ces malversations ont été à l’origine de l’éviction de Mbaye Ndiaye à la tête de la mairie.
Mettant à profit ce premier contact avec ses administrés, Moussa Sy a annoncé qu’il allait lancer le programme ‘spécial 31 décembre’. Il s’agira, selon lui, de rendre opérationnel l’éclairage public, des lampes de couleur bleue installées depuis 3 ans et qui ne sont pas encore fonctionnelles.
Source : Walf
