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Manifestation à Montpellier : Visite agitée du président du Sénégal

mardi 31 mars 2009

Le président du Sénégal, Abdoulaye Wade, était hier à la faculté de droit de Montpellier, pour recevoir les insignes de docteur honoris causa. Un titre honorifique, décerné en grande pompe par Marie-Élisabeth André, la doyenne de l’UM1, et son futur président, Philippe Augé. Une cérémonie rare et inhabituelle, célébrée dans la pure tradition des juristes, latin et uniforme oblige. C’est la première fois qu’un Africain est honoré de ce titre à Montpellier. Un Président en exercice qui plus est. Une distinction qui récompense d’abord l’homme de science, mathématicien et économiste maintes fois diplômé.


Après avoir solennellement reçu son titre, le président sénégalais a dépeint les enjeux qui attendent l’Afrique au XXI e siècle. Il a, par ailleurs, largement insisté sur

la nécessité de créer un partenariat pérenne entre l’Afrique et l’Europe. Selon lui, « les Africains ne sont pas à cours d’idée, ce qui manque c’est le dialogue ».

Un dialogue néanmoins rompu avec une poignée d’étudiants sénégalais présents sur place. Une cinquantaine d’opposants, réunis au sein du collectif « Nous disons non ! » se sont en effet mobilisés pour protester contre la venue du président Wade à Montpellier. « Nous ne comprenons pas comment une université française peut décerner une telle reconnaissance à un président qui fait régresser la démocratie dans son pays », déplore Daouda, étudiant à Montpellier I. Pour Mohammed Ly, le porte-parole du collectif, « c’est paradoxal de décerner un tel titre à un homme qui réprime les libertés individuelles et la liberté d’expression dans son pays ». Ils dénoncent avant tout la corruption et le clientélisme qui gangrènent la société sénégalaise et menacent la démocratie, quand le Sénégal a longtemps servi de modèle en Afrique.

Manifestant pacifiquement, le collectif a affronté les provocations des partisans du président sénégalais, hostiles au mouvement. Quelques échauffourées ont éclaté en marge de la cérémonie entre les partisans de chaque camp. Sans gravité.

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