« Au cours des trois derniers mois, il y a eu 19 attentats suicide, la plupart dirigés contre l’armée, contre les services de renseignement », a souligné le dirigeant pakistanais. « Que l’armée et les services de renseignement utilisent précisément les gens qui les ont attaqués, c’est une blague », a-t-il ajouté.
Musharraf a réaffirmé que l’activiste Baitullah Mehsud, dirigeant d’Al Qaïda établi à la frontière afghane, avait orchestré la plupart des récents attentats suicide ainsi que le meurtre de Bhutto. L’ancien Premier ministre et chef de file de l’opposition s’était exprimée à plusieurs reprises sur la nécessité de venir à bout de la menace islamiste.
« Aucun service de renseignement au Pakistan n’est, je pense, capable d’endoctriner une personne pour qu’elle se fasse exploser », a assuré Musharraf.
Beaucoup de Pakistanais ont pourtant des doutes sur la thèse officielle avancée par le gouvernement sur les circonstances de la mort de Bhutto ainsi que sur l’implication d’Al Qaïda, un porte-parole de Mehsud ayant nié toute implication de l’activiste radical dans l’attentat qui lui a coûté la vie.
AVERTISSEMENTS IGNORÉS
D’autres reprochent à Musharraf de ne pas avoir pris les mesures adéquates pour assurer la sécurité de Bhutto, ce dont le président pakistanais s’est défendu jeudi, soulignant que l’opposante pakistanaise avait ignoré plusieurs avertissements sur les dangers d’organiser une réunion électorale dans le parc public de Rawalpindi.
« Oui, elle avait bien été avertie des dangers », a-t-il déclaré. « Nous savions, les services de renseignement savaient qu’il existait une menace et nous lui avions dit de ne pas y aller et nous l’en avons empêchée », a-t-il ajouté en faisant référence à l’assignation à résidence de l’ancien Premier ministre en novembre.
« Cette fois encore, elle a décidé d’y aller et elle est y allée (...) Elle y est allée de son propre chef en ignorant la menace », a-t-il poursuivi.
Musharraf a assuré qu’un important dispositif de sécurité avait été déployé dans le parc, avec la présence de 1.000 policiers, des hommes postés sur les toits ainsi que des équipes mobiles autour de Bhutto.
« La faille (dans le dispositif de sécurité) n’est pas du côté du gouvernement. Qui est responsable du fait qu’elle soit sortie du véhicule ? », a-t-il demandé.
Bhutto a été tuée alors qu’elle saluait ses partisans depuis le toit ouvrant de sa voiture blindée. Aucune des personnes qui l’accompagnaient dans le véhicule n’a été blessée.
Source : Le Monde
