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Pape Mbaye a New-York une vie de « princesse »

mercredi 6 mai 2009

Voilà maintenant huit mois que Pape Mbaye a quitté le Sénégal pour se réfugier aux Etats-Unis. Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’Amérique, terre de liberté, l’a bien accueilli. Nous vous livrions, hier, une partie de l’entretien que l’homosexuel Pape Mbaye a accordé au correspondant de la RFM (Radio futurs médias), Baba Aïdara, depuis New York, sa terre d’asile.


Le plus célèbre des homosexuels sénégalais raconte comment il est devenu la coqueluche des Américains, revient sur sa rencontre avec le Secrétaire des Nations-Unis, Ban-Ki-Moon. Mais aussi et surtout, comment son rêve de vivre pleinement son homosexualité a pu se réaliser, grâce à Alioune Tine (Secrétaire exécutif de la Raddho). Raconté par la « gracieuse » Pape Mbaye himself (lui-même)... Qui vit dans un appartement de luxe payé par l’Etat américain à 6000 dollars le mois, mange dans les plus grands restaurants et s’habille aux frais du contribuable américain…

UNE VIE DE PACHA

« Cela fait huis (8) mois que je vis aux États-Unis, précisément à New-York, dans un des quartiers les plus huppés, là où les bourgeois habitent. Je vis seul dans un appartement (2 chambres, 2 salons) que des Américains payent pour moi. Ils m’ont pris en charge sur toute la ligne. Quand je suis malade, on me soigne à l’aide d’une carte qui me permet d’accéder à toutes les structures sanitaires. Il en est de même pour ma subsistance. Ils m’ont aussi fourni tous mes papiers. Je ne regrette aucunement d’être venu en Amérique. Lorsque j’y suis arrivé, c’est là que je me suis rendu compte à quel point le Bon Dieu m’aimait, Lui qui a guidé mes pas jusqu’ici. J’ai pleuré et remercié le Bon Dieu, le Prophète Seydina Mohamed (Psl) et mes parents.

La vie dont je rêvais et ce que je cherchais, je l’ai trouvée ici. En particulier ma liberté, sans laquelle nous ne sommes rien. Tu peux tout y avoir, de l’argent, une belle maison, une voiture. C’est un pays où règne le respect et la paix. Je ne regretterais jamais d’y être venu « ba illayawmidin » (jusqu’à la fin du monde). Je ne peux pas renier le Sénégal, car j’y suis né et c’est grâce à ce pays que je suis devenu célèbre. J’y étais un cadre et je ne m’accompagnais qu’avec de « bonnes personnes ».

Les marabouts et les familles religieuses m’appréciaient. Je n’ai jamais eu de sens interdit dans aucune des familles religieuses, encore moins chez les membres du gouvernement. Si vous regardiez les télés et les journaux, lors d’un grand événement, vous avez dû voir combien j’étais célèbre et apprécié de tout le monde « lawla thiat » (je touche du bois). Mes parents sont des Sénégalais, donc je ne vais pas renier le Sénégal, parce que simplement je vis maintenant aux États-Unis. Seulement, c’est ici que je mène la vie dont j’ai toujours rêvé. Ici chacun s’occupe de ses affaires, car « time is money » (le temps est précieux). ». Waaw !

ÊTRE HOMOSEXUEL, PAS DE QUOI FOUETTER UN CHAT

« Mes amis qui ont été arrêtés au Sénégal, puis relâchés (les homosexuels de Mbao), n’ont rien fait de mal. Waaw ! Ce n’est pas normal, parce qu’ils n’ont pas tué et ne sont pas des drogués. On les a juste arrêtés parce qu’ils sont comme ils sont. D’ailleurs, Dieu n’accepte pas ce genre d’injustice. Comme le dit cet adage « Yalla xaaratul Alarixa, aduna ley atee » (le Bon Dieu n’attend plus le jugement dernier pour régler les comptes, Il le fait ici-bas). Mon cas en est une preuve vivante.

Je vivais ma vie, mes parents, ma famille dépendaient de moi. Un beau jour, Mansour Dieng, patron du magazine Îcone, s’est levé et nous a sorti dans son journal pour créer un scandale. Même si c’était vrai, c’est la manière dont il s’y est pris qui est alarmant. Il voulait tout simplement semer la zizanie, car il sait pertinemment qu’il allait soulever l’ire populaire, parce nous sommes dans un pays islamique. Il voulait me faire enfermer, détruire ma vie et heureusement que le Bon Dieu a pris part pour moi et voilà où j’en suis maintenant.

Même si j’ai laissé tous mes biens au Sénégal pour me réfugier ici, j’ai le double actuellement. Etre homosexuel aux États-Unis, « degn ko legalize », (c’est légalisé). Les gens comme nous, y viennent pour refaire leur vie. Personne ne doit nous juger. Il y a pire dans nos pays et on n’en parle pas. Nous ne sommes pas des voyous, encore moins des bandits, comme les agresseurs, et personne ne les combat. La prostitution est légalisée au Sénégal, alors qu’elle est bannie par l’Islam. Alors, on n’a qu’à nous coller la paix. Si ce que nous faisons ne plaisait pas au Bon Dieu, Il allait nous rayer de la surface de la terre. Donc, ce ne sont pas les gens qui peuvent nous effacer. Que chacun s’occupe de ces affaires et de sa vie. »

LE SOUTIEN SANS FAILLES D’UNE MERE

« Ce n’est pas un vice, depuis que je suis né, j’ai toujours été comme ça. On n’a pas choisi d’être comme on est, c’est du ressort de Dieu. Pour mon cas, mes parents m’ont compris, ainsi que mes proches. S’agissant de ma mère, c’est quelqu’un de très honorable. Elle s’est toujours battue pour moi, elle a tout supporté. Quand les policiers sont venus m’interpeller, elle m’a remercié en me disant qu’elle était satisfaite de moi. Elle a prié pour moi, devant les policiers. Aussitôt, nous sommes sortis. Je lui ai dit que je voulais voyager, elle m’a dit que tu iras en Amérique, 1 mois après, les Américains sont venus me chercher. »

ALIOUNE TINE EN MECENE...

« Lorsque je partais en Amérique, je ne suis passé par aucune ambassade. C’est une structure qui s’appelle Immigration Amérique qui m’a pris en charge. Avant cela, c’est Alioune Tine de la Raddho, quelqu’un de très bon, qui connaît la loi, quelqu’un de très humain, qui m’a mis en rapport avec les ambassades de la Hollande et de la France, afin qu’ils m’aident. C’est ainsi, qu’ils m’ont payé un séjour à l’hôtel Club Med des Almadies.

Ils casquaient chaque jour 150 000 F Cfa et me donnaient de l’argent de poche. Ils faisaient tout pour moi. Par la suite, les Américains sont venus et m’ont amené au Ghana. À partir de là, on m’a fait un dépistage complet, pour voir si je n’étais pas atteint d’une quelconque maladie. Ensuite, je suis passé par Londres en escale pendant deux heures, avant de regagner l’Amérique. »

LIMOUSINES, VISITE A LA MAISON BLANCHE, MEDAILLE D’OR, FETES A LA CARTE

« Quand je suis arrivé à New-York, on m’a accueilli avec des limousines. Un mois après, ils m’ont emmené à la Maison blanche. Les Africains ont fait mille ans aux États-Unis sans rentrer à la Maison blanche, moi quand j’y suis allé, on m’a décoré avec une médaille d’or (Etoile d’or destinée aux Africains les plus célèbres du monde) et m’ont fait savoir que c’était un pays libre. Et que si quiconque essaie de me faire du mal, de composer le 911.

Lors de la fête du « Thanks Giving », ils ont organisé une grande fête et m’ont engagé pour danser. Le secrétaire Général des Nations Unis (Ban-Ki-Moon), le gouverneur de New York, des directeurs m’ont tous adulés. Ils ont fait des photos et dansaient avec moi. « Neexu ma bañ, ku ma giss bëgëma. Yalla mo ko def ci man. Mo def ci man coffeel » (Il n’est pas facile de me détester. C’est un don du Bon Dieu).

Tous les 52 Etats, à chaque fois qu’il y a un évènement, on m’y associe, je rends grâce à Dieu, j’ai beaucoup d’amis là-bas. Les Guinéens, les Espagnols, les Américains, tout le monde m’aime. Law la cett ! C’est une grâce divine. Les Américains, lorsqu’ils me voient, me disent « Pape I like you. You are beautiful » (Pape, on t’aime. Tu es beau). Ils ne sont pas méchants, encore moins jaloux, tous autant qu’ils sont. »

DES DETRACTEURS NOMMES, IMAN MBAYE NIANG ET MANSOUR DIENG

« Imam Mbaye Niang voulait juste profiter de la situation pour se faire un nom. C’était juste pour de la politique, et rien d’autre, qu’il a organisé des conférences et des marches. Ce sont des gens comme ça qui créent des guerres dans un pays. Il n’y en a jamais eu au Sénégal. Jamais, dans l’histoire du Sénégal, des policiers n’ont pénétré dans une mosquée pour arrêter des manifestants. Et pourtant, quand ça a chauffé, il a fui et a laissé les autres en rade. Cela m’a beaucoup touché. Encore plus, le fait que les forces de l’ordre lancent des lacrymogènes en direction des marabouts et de la mosquée.

Il voulait être maire de Dakar, moi, aujourd’hui, je collabore avec le maire de New-York « na doli watt ay wird » (il a intérêt à encore plus égrener son chapelet). Quant à Mansour Dieng, si je disais tout ce que je sais de lui, il ne se mettrait plus à écrire. Les gens ont cette manie de se défausser sur les autres pour cacher ce qu’ils vivent, c’est le cas de Mansour Dieng. Si je devais le dénoncer, son magazine allait fermer. Je connais beaucoup de choses sur lui. J’ai des témoins et il le sait... »

L’HOMOSEXUALITE, MONNAIE COURANTE AUX ÉTATS-UNIS

« Au Sénégal, on taxe les personnes comme moi, de gens qui font reculer un pays, mais ce n’est pas vrai. Bien au contraire, nous sommes plus nombreux dans les pays des blancs qui sont beaucoup plus développés et qui aident les pays pauvres. Nous sommes des porte- bonheur et non des porte- malheur. D’ailleurs, ceux qui nous fréquentent ont beaucoup de chance. Ici, nous sommes nombreux et c’est ici que la neige tombe, où il y a les plus grands immeubles et beaucoup de dollars. Il y a les « gays parade », les homos portent des robes, mettent des greffages, des faux seins et se piquent des hormones. »

EN ROUTE VERS LE PARADIS...

« Dieu récompense le cœur et j’ai un bon cœur. J’ai beaucoup aidé des gens et je continue à les aider. Ici, je travaille pour avoir de quoi entretenir ma famille. Ceux qui pensent qu’ils sont mieux que moi, peuvent se retrouver, le jour du jugement dernier, en Enfer et moi au Paradis. Même à La Mecque où repose le Prophète Mohamed (Psl) et partout dans le monde, il y a des gens comme moi. »

Par MARIA DOMINICA T. DIÉDHIOU,

Source : L’observateur

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