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Pratiques - usage de lames, tondeuses, pinces... : Gare aux risques d’infection au Vih

mardi 16 septembre 2008

Il est d’usage pour certains de recourir aux lames, tondeuses, entre autres objets tranchants pour se raser la tête ou se tailler la barbe. Les motivations varient les uns des autres. Mais l’usage de ces objets acérés exige une bonne dose d’hygiène, surtout pour la stérilisation du matériel. Sinon, les risques d’infection, en particulier au Vih/Sida, sont nombreux au bout de la lame.


Ce n’est pas seulement par voie sexuelle que la transmission du sida se fait, mais la maladie peut se contracter parfois par simple usage d’objets tranchants comme la lame, les tondeuses, les pinces, les aiguilles... C’est ce qui explique le risque encouru par les personnes qui choisissent de se faire tailler ou raser à la lame. L’idée n’est pas de faire un mauvais procès à ceux qui en font leur gagne-pain, seulement, nombre d’entre eux respectent rarement les normes d’hygiène.

Et s’il est de commun accord qu’une lame n’est utilisée que pour une seule personne, ce n’est pas le cas pour ce qui est de la tondeuse, qui est à usage multiple. « La décence voudrait que l’appareil soit lavé avec les antiseptiques à chaque usage pour le mettre à l’abri des microbes. Une obligation pour les coiffeurs de se procurer des produits comme le septivon, le dermobacter ou l’alcool au niveau des pharmacies parce qu’étant à leur portée.

Ce sont de gros flacons qui peuvent durer deux à trois semaines et qui s’échangent contre moins de 5 000 francs c’est-à-dire entre 1 500 et 3 000 francs », explique Mme Dièye, docteur au niveau du Centre de santé de Camberène. Mais ils se trouve que les coiffeurs en majorité de nationalité guinéenne, ghanéenne, nigériane et même sud-africaine, établissant leur commerce dans les artères de la capitale et de la banlieue, cherchent souvent à tirer le maximum de profit de leur métier plutôt que de se préoccuper de la sécurité sanitaire de leurs clients.

Mamadou Bâ, basé à Golf sud s’inscrit en faux contre cette thèse et se targue d’être le coiffeur attitré de l’ancien ministre Lamine Bâ. « Je nettoie mon appareil avec de l’alcool après en avoir fait usage pour chaque client. » Une jeune dame, en service au complexe de coiffure Maty Dièye précise que dans leur complexe, on procède au nettoyage des objets utilisés dans le cadre de son travail avec de l’eau javellisée. Ailleurs, un homme, la quarantaine bien sonnée, la barbiche bien taillée, attend sa clientèle sous une tente se situant près d’une mosquée de l’unité 2.

L’homme reste convaincu que se faire tailler avec le couteau, reste le meilleur moyen d’être à l’abri des démangeaisons. Et les seules armes à bord pour combattre les microbes sont le savon et l’eau. Ce qui est loin de convaincre Dr Mbaye du Centre de santé des Parcelles assainies de l’unité 3. « Tous les objets tranchants servant à faire la pédicure, la manucure, les soins dentaires, l’épilation doivent être à usage unique », affirme-t-il.

A défaut, ces objets doivent être stérilisés à haute température par le moyen d’autoclave ou la poupinelle. Seulement ces moyens qui coûtent très cher, 300 000 francs, ne sont accessibles qu’aux établissements hospitaliers. Une nécessité dans ces milieux, car les risques d’attraper le sida avec les ciseaux et les pinces dont les médecins se servent pour faire les circoncisions, ne sont pas à négliger. Alors la conscience professionnelle, soutient Dr Mbaye, impose au praticien de s’entourer de garanties en les stérilisant après chaque usage.

Mme Dièye, du centre de santé de Cambérène fait remarquer qu’il n’est pas recommandé d’aller chez les Haoussa qui coiffent avec le couteau. Les raisons à l’en croire sont que « les risques de contamination sont énormes de piquer le virus du sida en se rasant avec un couteau. Parce qu’il est plus facile de se blesser avec l’arme ». « Il appartient aux clients de veiller sur leur santé. S’il faut avoir à sa disposition une tondeuse, il faut le faire pour l’emmener chez son coiffeur et pourquoi pas, y associer une lame, qui n’est pas du tout chère », renchérit Dr Dièye.

Pour Pape Diagne, tailleur de son état, l’heure est venue de fermer certains salons de coiffure. « J’ai cessé d’y aller pour me faire coiffer. La cause ? Une seule éponge à l’usage de plusieurs clients pour se faire nettoyer la tête ou la barbe m’a dissuadé de remettre les pieds chez mon coiffeur. Vous voyez les risques que cela fait d’être à la merci du virus du sida. »

Source : Lequotidien

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