De sources proches de l’édile de Dakar, Khalifa Sall, a de la matière à réflexion. Il aurait été contacté par des tribuns de la communauté léboue, de vieux barons du Ps et de militants socialistes « dormants ». Ils auraient cherché à le convaincre de travailler pour postuler à la présidence du Sénégal au prochain scrutin. Car, sa candidature aurait pour le Parti socialiste plus de chances que celle de son secrétaire général Ousmane Tanor Dieng. Il y a, d’abord, leur différence d’âge. Il s’y ajoute que si M. Dieng cherche ses mots, lui est éloquent. Il est encore aussi expérimenté, puisque ayant été ministre sous Diouf, contrairement à Tanor qui était calfeutré au palais où il mijotait des combines politiques.
Dignitaires et militants ont rappelé à M. Sall que si M. Dieng n’est pas à la tête d’aucune collectivité locale, lui tient la chance de sa vie : bien des maires da capitales ont profité de leur position pour se hisser plus haut. Ce fut le cas de son prédécesseur Pape Diop, devenu président du Sénat. Ailleurs, ils sont devenus chefs d’États. C’est par exemple le cas de l’actuel président malgache. C’était le cas de l’ancien président français, Jacques Chirac. Ils ont rappelé également à M. Sall qu’il était à la tête du plus gros budget municipal que même des ministres de la République lui envient. Ainsi, Khalifa Sall aurait été encouragé à créer un « courant » dans le Ps « pour faire comprendre son dessein à Ousmane Tanor Dieng. Ses hôtes lui auraient appris que des barons et jeunes socialistes, déçus de la défaite de leur parti en 2000, sont entrain de dépoussiérer leurs cartes de membres dans la perspective de le soutenir. Ils étaient découragés de Tanor.
Mais lui peut faire ombrage au chef de l’Alliance des forces de progrès, Moustapha Niasse, qu’ils considèrent comme le tombeur du régime socialiste. L’édile de Dakar aurait promis aux notables de réfléchir leur proposition. Il est sûr que s’il veut aller dans le sens qu’ils lui indiquent, il devra commencer par convaincre son secrétaire général qu’en cas de victoire, ils géreront en duo le Sénégal. La plaidoirie ne sera pas facile. Mais, elle est et reste nécessaire. C’est dire qu’un débat pourrait occuper les socialistes les jours à venir ; d’autant que la candidature unique de l’opposition a de moins en moins de chance de triompher. Le vent pourrait, en conséquence, souffler dans le rang des verts, gonflés à bloc depuis les dernières élections locales. Ils ont été les plus servis en collectivités locales au sein de la coalition Benno siggil Senegaal. Leur candidat s’était classé troisième à la dernière élection présidentielle, derrière Idrissa Seck, mais loin devant Moustapha Niasse.
Maintenant, barons, certains jeunes socialiste veulent plus : retourner aux affaires. Khalifa Sall, estiment-ils, serait l’homme de la situation, Tanor ayant étalé ses limites.
source : Xibar
