Depuis la semaine dernière, le président de la République et son gouvernement ont pris leurs congés d’été. Des vacances qui sont diversement appréciées au niveau de l’opinion où on ne leur pardonne pas cette farniente au moment où des problèmes de tous ordres assaillent les ménages en cette veille de Ramadan. Il s’agit, entre autres, de la levée de la subvention sur le prix du riz, des délestages quasi quotidiens et de la montée de l’insécurité qui en est le corollaire dans la banlieue.
Ceci, sans compter les risques d’inondations avec les dernières precipitations enregistrées dans la capitale. Le pire dans tout cela est que, selon une révélation du Ps qui s’est réuni, hier, en bureau politique, ces vacances du chef de l’Etat coûtent au Trésor public la rondelette somme de 1 milliard et demi. Les camarades de Ousmane Tanor Dieng s’offusquent que, dans un contexte de mal vivre généralisé, le président Abdoulaye Wade se paye le luxe de s’offrir une villégiature si dorée sur le dos du contribuable sénégalais.
Des dépenses ‘que les finances de l’Etat, déjà mal en point, auront du mal à supporter, mais surtout qui auraient pu trouver une utilisation plus patriotique et plus prioritaire’, estiment-ils. Aussi, les socialistes regrettent-ils qu’au ‘au moment où Abdoulaye Wade se paye une farniente sur le dos des Sénégalais, les étudiants sont obligés de différer leurs vacances, faute d’avoir perçu leurs allocations du fait du gaspillage et du pillage des ressources publiques qui ont mis l’Etat en banqueroute tandis que les retraités de l’Ipres vivent des moments terribles pour le paiement de l’échéance courante de leurs pensions’.
Mais que l’on ne s’y méprenne pas, parce qu’au fond, ‘l’empressement d’Abdoulaye Wade à quitter le pays participe d’une stratégie sournoise pour tenter de faire oublier l’énorme scandale des dépenses hors budget qui ne sont qu’une faible illustration de la délinquance financière au plus haut sommet de l’Etat, pour qui le budget n’est ni un document comptable qui prévoit et autorise le niveau des ressources et des charges de l’Etat, ni le moyen d’encadrer et de contrer l’évolution de la conjoncture économique, mais un vulgaire chiffon’.
Au cours de la réunion de son bureau politique, le Parti socialiste est, par ailleurs, revenu sur les violences exercées par les tenants du pouvoir sur les journalistes. Pour les responsables de l’ex-parti au pouvoir, ces actes sont à assimilables à un banditisme d’Etat qu’ils condamnent de toutes leurs forces. Et les camarades d’Ousmane Tanor Dieng d’espérer que “la justice fera son travail en sanctionnant les auteurs de ces ignominies et leurs commanditaires qu’elle n’aura aucune peine à identifier pour les avoir entendu préméditer leurs forfaits’.
Selon le Ps, ‘ces actes odieux constituent une illustration de la déchéance des institutions, ainsi que des menaces qui pèsent sur les libertés dans notre pays’. Cela traduit, selon les socialistes, ‘une escalade de la violence et de la bêtise de présumés responsables publics infligées à la petite histoire de notre pays et qu’il faut combattre sans relâche’. Et ce combat contre les dérives du pouvoir ne doit pas, au regard des socialistes, se limiter à des condamnations et des indignations mais doit revêtir la forme de riposte à la hauteur des agressions contre la sécurité et la liberté. En effet, de l’avis des responsables socialistes, ‘les enjeux du combat que le pouvoir livre à la presse privée, considérée comme un pilier essentiel de la démocratie, dépassent le seul cadre de la liberté de la presse pour menacer toutes les libertés, le système démocratique et l’Etat de droit’.
Aussi, est-il temps, pour le Ps, de comprendre que ‘les sottises du pouvoir n’épargneront aucun citoyen parce qu’elles sont inspirées par la vision manichéenne absurde d’Abdoulaye Wade et de ses suppôts, dont la finalité est d’instituer une police des idées chargée de censurer les esprits libres et d’écraser toute pensée dissidente, une sorte de tolérance zéro pour tout propos contraire à la propagande officielle’.
Ce sont là, autant de raisons, d’après Ousmane Tanor Dieng et ses camarades, qui doivent amener les syndicats, les partis politiques, la société civile, les organisations professionnelles, les journalistes et les citoyens, au-delà de leur mobilisation massive à la marche du samedi prochain, à s’engager ‘dans un front commun pour la défense des libertés, en prenant l’exacte mesure du danger et en s’employant activement à neutraliser la boîte immonde et à désactiver les funestes perspectives qui se profilent à l’horizon commun’.
Sur l’arrêt de la subvention sur le riz, décidé par le pouvoir, le Ps est d’avis qu’il ‘témoigne de l’incapacité du gouvernement à trouver les leviers efficaces pour amortir l’impact de la hausse des prix sur le niveau de vie des consommateurs, notamment les plus démunis’. Et cela ne manquera pas, à son avis, d’aggraver la situation en ajoutant à la disparité et à la cherté des prix, une indisponibilité chronique de cette denrée stratégique.
‘En effet, l’Etat qui n’a jamais pu assurer le versement à terme échu de la subvention, obligeant les opérateurs économiques à épuiser leur fonds de roulement dans l’acquisition d’un seul produit, a totalement déréglé le système et exposé le marché à des comportements spéculatifs à une échelle sans précédent. Pire en décidant de supprimer la subvention et en excluant toute forme d’intervention de l’Etat pour réguler le marché, le gouvernement jette l’éponge et abandonne les consommateurs aux lois implacables du marché, qui ont déjà fait exploser les prix’, soutiennent les socialistes.
Source : Walf
