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Sénégal : Le commerce du sexe explose à Dakar

jeudi 29 juillet 2010

Tous les jours à 19 heures, Rama, âgée de 23 ans range soigneusement ses produits de beauté dans un sac à main et prend la direction d’un bar populaire très prisé par les riches hommes sénégalais et les expatriés aux voitures luxueuses et aux comptes bancaires bien remplis.


“Vous faites l’amour avec quelques hommes et ils vous donnent une fortune. C’est un vrai business. Personne ne perd." Rama est un de milliers de jeunes travailleuses du sexe qui peuplent les rues, les bars et les boîtes de nuit de Dakar. La plupart d’entre eux disent qu’ils sont poussés dans la prostitution par la pauvreté, le chômage et le manque d’opportunités.

Bilkisu est une nigériane de 31 ans qui a déménagé à Dakar en 2008, après que ses amis lui ont parlé du développement du commerce sexuel dans la capitale sénégalaise : « J’étais réticente pour venir à Dakar parce que je ne parlais pas français. Mais une fois que j’ai découvert la somme d’argent mes amis faisaient et les maisons dans lesquelles ils vivaient, j’ai fait mes affaires et je me suis déplacé. Aujourd’hui je dis que le Sénégal est mon pays, parce que j’ai de meilleures opportunités ici. Les hommes sont intéressés par des prostituées et généralement, ils vous paient ce que vous réclamez. Je suis chez moi ! »

Au Sénégal, la prostitution est légalisée depuis des décennies. La raison officielle est la nécessité de contrôler l’état de santé des prostituées. Mais d’autres soutiennent que la légalisation de la prostitution est juste une façon d’attirer des touristes. N’importe quelle femme de plus de 21 ans peut devenir une prostituée tant qu’elle est enregistrée à la police, procède à des visites médicales régulières, possède une carte sanitaire valable et reste discrète. Mais beaucoup de prostituées dans les rues de Dakar ne satisfont pas à ces exigences.

Rama, par exemple, estime que se faire inscrire à la police est une perte de temps : « Pourquoi devrais-je me faire inscrire à la police, si je sais que c’est pour me retrouver dans des situations alambiquées ? Nombre de mes amis qui se sont fait inscrire ont été victimes de discriminations. La police les harcellerait, les appelait de tous les noms et les traitait comme des ordures. » Quand Bilkisu est arrivé à Dakar, sa voisine de chambre lui a conseillé de s’inscrire. L’affaire s’est transformée en un véritable cauchemar : « J’ai été arrêté. La police m’a reproché d’avoir quitté mon pays. J’ai été accusée d’apporter de la maladie et du comportement immoral au Sénégal. »

Les organisations de défense des Droits de l’homme et les Ong ont soulevé des problèmes concernant l’exploitation de travailleuses du sexe. Une organisation a révélé que les travailleuses du sexe sont fréquemment victimes de violences physiques. Rama a une fois était victime d’une attaque. Elle montre sa cicatrice derrière son cou : « J’ai été frappée avec une torche par un client qui a refusé de payer après avoir couché avec moi. Et parfois les clients cassent délibérément le préservatif parce qu’ils n’en veulent pas. Nous nous mettons tous en danger. » Pour Bilkisu, cependant, les clients ne sont pas le plus grand problème. C’est la police. « Ils vous prennent souvent de la rue et vous obligent à les corrompre. Si vous êtes malchanceux, ils prennent tout ce que vous avez gagné cette nuit et vous conseillent de ne pas le dire à quelqu’un. » Bien que Dakar soit connue comme une des grandes capitales du tourisme sexuel en Afrique, le nombre de travailleuses du sexe non enregistrées reste inconnu. Jusqu’ici le gouvernement sénégalais n’envisage pas d’interdire la pratique. Ainsi, tant que les hommes sont enclins à dépenser leur argent, aucune menace ou aucun risque d’exploitation n’empêchera Rama, Bilkisu et beaucoup de leurs collègues d’aller dans les rues.

Un reportage de Radio Netherlands Worldwide

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