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Sept ans après le décès de son fondateur : Enda Tiers-monde se meurt

vendredi 10 juillet 2009

d’apporter une réponse structurelle urgente à ses problèmes de gestion des ressources humaines et financières à travers un nouveau modèle organisationnel. Ce, au risque de déclarer faillite. Ce qui serait un cinglant revers pour les successeurs du regretté Jacques Bugnicourt dont le décès coïncide avec le début des problèmes de l’organisation.


L’Organisation non gouvernementale (Ong) Enda tiers-monde serait-elle en faillite ? Tous les indicateurs le laissent croire. Et certainement, son inamovible secrétaire exécutif, jusqu’à sa mort, Jacques Bugnicourt, est en train de retourner dans sa tombe. Son ‘bébé’ suffoque. Et l’heure du dernier souffle semble donc sonner pour ce ‘géant’ de l’humanitaire. A moins que …

Selon des sources bien au fait de la situation, la santé financière de l’organisation est des plus chancelantes de nos jours. Et pour cause, le déficit prévisionnel du budget 2009 s’élève à environ 200 000 euros globalement. Un gap qui atteint les 576 000 euros en tenant compte de la dette à l’égard de la Commission de l’Union européenne et de la reconstitution du fonds. Et la situation de 2010 ne sera guère plus reluisante puisque le budget accusera, à peu près, le même niveau de déficit. Une précarité que nos sources imputent aux mesures de séparation d’une partie du personnel liée à la baisse du budget des fonds stratégiques et de la révision des fonctions des entités et du secrétariat exécutif.

D’où l’urgence de reconstituer progressivement le fonds de réserve. Pire, la mobilisation de ressources en provenance des partenaires en vue de combler le déficit reste suspendue à l’assainissement des modes de gestion des fonds stratégiques de l’organisation et de la mise en place d’un système de contrôle interne. Et la baisse confirmée des fonds stratégiques en 2010 semble porter l’estocade à Enda. En effet, l’Autriche a annoncé l’arrêt de sa contribution en 2010, suivie par la Suisse qui a annoncé la réduction de ses fonds régionaux de 50 %. Des mesures qui font perdre à l’Ong 40 % de ses fonds stratégiques réguliers en 2010.

Certains grands partenaires affichent aussi une suspicion de plus en plus prononcée face à toute nouvelle soumission de grand projet venant d’Enda. Ce, à cause des informations qui circulent sur la faillite d’Enda Maghreb et le passif d’Enda Bolivie. Une des raisons évoquées formellement par le ministère des Affaires étrangères français en 2008, pour ne pas signer l’accord de financement d’un important programme est la situation financière fragile de l’organisation. Autant dire que Enda se trouve face à une double urgence. Dans un premier temps, il urge de rééquilibrer son budget 2009. Ce, au risque de déclarer la faillite de l’organisation. Et pour ce faire, ajoutent nos sources, trois options s’offrent à l’institution. Il s’agira, soit de bénéficier d’un prêt sur hypothèque immobilière, de vendre un de ses immeubles ou de mobiliser en interne.

En attendant, l’Ong internationale entend s’engager sur un plan budgétaire de redressement sur 3 ans à partir de 2010. Avec, pour horizon, de résorber entièrement le passif en 2012. Un plan budgétaire qui tient compte des besoins de renforcement institutionnels des entités. Il tient également compte des nouveaux apports extérieurs liés à l’assainissement financier de l’organisation et repose également sur l’utilisation de nouveaux instruments de planification et de gestion budgétaire.

Nos sources ont fini de dégager d’autres pistes de sortie de crise après les résultats mitigés du plan de mobilisation de 1 % des fonds de projets des entités pour combler une partie du déficit. Il s’agira, pour elles, de revoir à la baisse les charges de fonctionnement de l’Ong mais également de reconsidérer ses fonctions essentielles, tant pour chaque entité que pour le Secrétariat exécutif.

Et pourtant, dans les couloirs du secrétariat exécutif, il se susurre que le déficit d’exploitation constaté par le Bureau exécutif au cours de l’examen du rapport financier 2008 est récurrent depuis la disparition de Jacques Bugnicourt survenue en 2002. Même si ces déficits ont toujours été artificiellement comblés par l’utilisation du fonds de réserve jusqu’à leur épuisement total en 2008. Mais, précise-t-on, la situation a atteint ces proportions avec la solution d’urgence qu’il a fallu apporter au problème d’Enda Maghreb.

Ibrahima DIAW

Source : Walf

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