Je me suis rendue dans une zone où il y a eu des combats. Ce n’était pas non plus les combats avec la plus grande intensité, mais on a une idée du chaos qui peut régner dans la capitale : des arbres ont été abattus par des tirs d’obus et de mitraillettes, ils sont donc là et entravent le passage des routes. Des façades sont complètement criblées de balles, avec des véhicules calcinés aux intersections et des corps qui gisent encore sur les bas-côtés.
Il y a encore des tirs en ville, malgré le fait que dans la zone où j’étais, c’est bien l’armée gouvernementale qui contrôle la zone, une zone assez proche de la présidence. Mahamat Bachir
Il y a donc aussi les pillages, évidemment, qui continuent. Des pillages qui sont de plus en plus difficiles à identifier, puisqu’il y a des habitants qui fuient la ville avec leurs effets, et donc pour les autorités, c’est assez difficile de faire la différence entre un civil, une personne qui fuit avec ses effets, et un pillard qui vient juste de rentrer dans une maison et qui en ressort avec des marchandises.
Tout cela donne donc, forcément, une impression générale de chaos. Alors au milieu, la population ressort de chez elle lorsqu’il y a des périodes d’accalmie comme c’était le cas cet après-midi. On sort sans véhicule, les hommes comme les femmes. Mais essentiellement, ceux qui circulent sont surtout des militaires tchadiens.
La situation était devenue tellement tendue ces derniers jours, que samedi, l’armée française a commencé à organiser l’évacuation des ressortissants étrangers souhaitant quitter le Tchad. Dimanche, ces opérations se sont poursuivies. 700 personnes en tout sont parties pour Libreville, en transit. Ensuite, direction Paris, à bord d’un avion affrété par Air France. Ce vol est attendu en fin de soirée sur l’un des aéroports parisiens.
Source : RFI
