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Un camion fini sa course dans une maison et tue une fillette de 13ans

jeudi 27 décembre 2007

« J’attendais du mil, on m’a ramené un cadavre », c’est le propos poignant de Nafi Sow, la mère de Fatime Faye. La jeune fille de 13 ans, élève en classe de 4e, a été tuée mardi soir, vers les coups de 19 heures par un camion à l’Unité 15 des Parcelles assainies. Sa maman l’avait envoyée, avec sa grande sœur, moudre des grains de mil au moulin le plus proche.


Le gros porteur immatriculé LG 1531 A, qui venait de la rue d’en face, s’est enfoncé dans le rez-de-chaussée de la villa située sur la « route de l’unité 15 » avec son chargement débordant de sacs de foin. Les deux jeunes filles marchaient pourtant sur le trottoir. L’une d’elle, la victime, avait même eu le réflexe de se réfugier dans le cybercafé d’en face. Mais elle était au mauvais endroit, au mauvais moment. Le chauffeur et ses deux apprentis figurent parmi les blessés, ainsi que le blanchisseur dont l’échoppe est contigu au lieu du sinistre.

Ma sœur m’a « sauvée » avant de mourir

Selon la sœur de la victime, encore sous le coup de l’émotion, « c’est Fatime elle-même qui a sonné l’alerte avant de se réfugier dans le cybercafé sise au rez-de-chaussée de la villa, alors que je me sauvais en prenant le bas côté. C’est en ce moment que le camion s’est violemment enfoncé dans le cyber, heurtant ma soeur dans le lieu même de son refuge ». La jeune fille rendra l’âme quelques minutes plus tard Selon Mamadou Lamine Ndiaye, un voisin et témoin de la scène, « on voyait de loin que le chauffeur avait perdu le contrôle de son volant, il manoeuvrait laborieusement sans succès, car les freins ne répondaient plus, et c’est heureux que ce cybercafé qui ne désemplit pas d’habitude, était presque désert à cause des fêtes de Tabaski, sinon le bilan aurait été très lourd ».

La violence du choc a entraîné l’affaissement du mur ainsi que les balustras, tandis que quelques sacs de foins du chargement du camion projetés par la violence du choc, trônaient encore au balcon du premier étage de la maison. Les dégâts matériels sont importants.

La hantise de ne pas voir les enfants revenir à la maison : le casse-tête de l’insécurité

Ce mercredi matin, à la maison mortuaire des Faye, la tristesse de la famille éplorée dissimulait mal le sentiment de révolte des habitants du quartier. « Nous sommes dans l’angoisse permanente de ne pas voir nos enfants revenir à la maison. Il y a le balai incessant des gros porteurs, des charretiers qui extraient illégalement le sable de mer », fulmine la grand-mère de la jeune fille décédée. Le géant dépôt de gaz contigu au collège privé que fréquentait la jeune Fatime Faye, semble corroborer la crainte des populations. Le surveillant général de l’établissement indique que « la direction de l’école a informé les autorités de cette situation sans trop de succès ». M. le surveillant n’a pas manqué de brandir le bulletin de note du premier trimestre de feue Fatime Faye ; celui-ci affichait de très bonnes notes confirmant la qualité de « très bonne élève » de celle-ci.

Cheikh Lamane DIOP

Source : African Global news

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