Accueil du site > Culture > Un hors-la-loi, Eric Raoult, s’attaque à Marie Ndiaye, Goncourt (...)

Un hors-la-loi, Eric Raoult, s’attaque à Marie Ndiaye, Goncourt 2009

mercredi 11 novembre 2009

Après Nicolas Sarkozy qui fait son John Fitzgerald Kennedy(1917–1963) mais mythomane avec le célébrissime « Ich bin ein Berliner » (Je suis un Berlinois) version UMP (Union des menteurs présidentiels) concernant son passage berlinois du 10, du 16 ou du 17 novembre 1989 décliné en 9 novembre pour être toujours au fait de l’actualité, c’est au tour d’Eric Raoul, député de Seine-Saint-Denis, qui, pour contrer les propos de Marie Ndiaye, prix Goncourt 2009, invente un « droit de réserve » pour les écrivains, en rendant au passage les membres du Goncourt comme potentiels membres du KGB ou de la Stasi. Ambiance du délire.

JPG - 13.6 ko
eric-raoult_438

C’est parti pour une nouvelle polémique. Décidément, est-il interdit de dire niet à ces gens… monstrueux ? Ce sont les propos de Marie Ndiaye, lauréate du prix Goncourt, qui font bondir de rage le maire UMP du Raincy, Eric Raoult, dont les idées d’extrême-droite ne se cachent pas dans la direction de sa ville. Ainsi, il préfère payer des amendes, au lieu de construire des logements sociaux. La population de ce Neuilly du 9-3, en Seine-Saint-Denis, ne veut pas de la “racaille immigrée” dans leur commune en toute illégalité…

En effet, la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains couramment appelée loi SRU, a été adoptée en décembre 2000 sous le gouvernement de Lionel Jospin. Mais, Eric Raoult fait partir des maires hors-la-loi. Lui, il déclare même qu’il ne la respectera pas. Aujourd’hui, il ose demander à d’autres Français de se taire, de ne pas donner leur opinion. C’est vachement gonflé et plutôt téméraire de demander à Marie Ndiaye de se taire.

Après avoir gagné son prestigieux prix, elle donnait une interview aux Inrocks, répondant à la question suivante : Vous sentez-vous bien dans la France de Sarkozy ? Elle répondit : “Je trouve cette France-là monstrueuse. Le fait que nous ayons choisi de vivre à Berlin depuis deux ans est loin d’être étranger à ça. Nous sommes partis juste après les élections, en grande partie à cause de Sarkozy, même si j’ai bien conscience que dire ça peut paraître snob. Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité… Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux. Je me souviens d’une phrase de Marguerite Duras, qui est au fond un peu bête, mais que j’aime même si je ne la reprendrais pas à mon compte, elle avait dit : “La droite, c’est la mort.” Pour moi, ces gens-là, ils représentent une forme de mort, d’abêtissement de la réflexion, un refus d’une différence possible. Et même si Angela Merkel est une femme de droite, elle n’a rien à voir avec la droite de Sarkozy : elle a une morale que la droite française n’a plus.”

Pour Eric Raoult, l’auteure de “trois femmes puissantes”, Marie Ndiaye, compagne de l’écrivain Jean-Yves Cendrey avec qui elle a trois enfants, ne devrait pas s’exprimer. Pire, toute honte bue, il invente même un “droit de réserve”. C’est là où le bât blesse car, l’écrivaine n’est ni fonctionnaire, ni même femme politique. Elle s’exprime dans un cadre proprement personnel qui n’engage qu’elle. Et, si elle mentait, ça se saurait, non ? Dans cette affaire aussi, le plus cocasse est sa demande au ministre français de la culture, Frédéric Mitterrand, très à cheval comme on le sait sur la loi. Cet UMP-là, dont on voit quand même Gaston Flosse aller en prison et bientôt suivi par Charles Pasqua si le Sénat le veut bien, est finalement à la rue. Est-ce le retour de la droite la plus bête au monde ? Sans aucun doute.

Répondre à cet article

1 Message

  • Vichy, Pétain, les colonies du bon peuple qui sue le burnous, le mépris de l’Homme, Raoult, Besson, Sarko, c’est la même vieille haine, les mêmes égoïsmes. Si leurs intérêts immédiats l’exigent, le travail des enfants, le déchirement des couples mixtes qui s’aiment, le sang du peuple dans les rues, rien ne leur fera peur. Parfois, comme dans le cas de Papon, l’histoire les rattrape. Mais aucune illusion, droite ou gauche, softs ou hards, ils sont là, tapis au fond hideux de l’âme humaine. Seule l’union des forces d’espoir et de justice peut les contenir.

    Répondre à ce message