Hier matin, les marchands établis le long du ‘Couloir de la mort’ (route qui part de la librairie Clairafrique à la porte qui mène à la faculté des lettres et sciences humaines) ont été déguerpis. C’est sur instruction de la mairie de Dakar que les forces de l’ordre ont obligé les vendeurs de livres, cahiers et autres matériels didactiques à plier bagages. Après un premier passage d’avertissement un peu plus tôt, les forces de l’ordre sont revenues en début d’après-midi. Cette fois-ci, c’était pour superviser la démolition des étals et autres cantines par des bulldozers.
Ces opérations rentrent dans le cadre de la campagne de désencombrement de la voie publique initiée par la mairie de la capitale. Pour ce policier qui a préféré garder l’anonymat, ‘ces gens (les occupants du ‘Couloir de la mort’, Ndlr) sont en situation d’irrégularité, ils occupent illégalement ce couloir. C’est pourquoi la mairie de Dakar a décidé de les déguerprir. Ainsi, cet axe routier sera plus élargi’.
A propos de la brutalité avec laquelle les forces de l’ordre ont exécuté la décision de déguerpissement, notre interlocuteur dégage en touche : ‘Ils ont été avertis quatre mois à l’avance. Ils ont même reçu deux sommations. Pas plus tard qu’hier (mercredi 03 mars, Ndlr), nous étions passés leur demander de s’exécuter, mais ils ne nous prenaient sans doute pas au sérieux.’ La situation est différemment appréciée par les principaux concernés. L’un d’entre eux, la trentaine, fulmine : ‘Nous ne sommes ici que pour travailler. Il est vrai qu’on occupe irrégulièrement la voirie, mais nous cherchons uniquement à gagner notre vie. Ils ne devaient pas détruire nos étals.’
Le déguerpissement des marchands ambulants du ‘Couloir de la mort’ ne sera pas ressenti uniquement par les vendeurs. L’inquiétude est grande au niveau des étudiants. Awa Ndiaye, étudiante en licence d’anglais, témoigne : ‘Comme vous le savez, nous n’avons pas suffisamment d’argent pour aller dans les librairies. Là-bas, les articles coûtent cher. Ces vendeurs nous vendaient des documents à bas prix.’ C’est donc à cet avantage que les étudiants avaient de se procurer du matériel didactique à bas prix que les services de Khalifa Sall ont mis fin.
Houssaynatou SOW (Stagiaire)
Source : Walf
