C’est un accueil à deux vitesses qui a été réservé à « Goorgi » à l’occasion de l’inauguration d’importants programmes d’investissement de la Sococim, fleuron dit-on historique de l’industrie sénégalaise. Car la traversée de la ville de Rufisque a eu lieu dans une controverse totale. D’un côté, les libéraux qui sont en phase avec leur Maître et l’autre, les maraîchers de Rufisque et Bargny qui n’ont que leurs yeux pour pleurer. Les Lebous de cette zone pleurent certes, mais ne désarment pas.
« Nous avons nos propres moyens pour nous défendre, puisque personne ne veut régler nos problèmes. Toutes les autorités saisies ont pris cause pour la Sococim. Nous allons voir dans l’avenir qui aura raison », s’indigne un homme d’une quarantaine passée. Sous l’anonymat, notre interlocuteur nous révèle que la société leur a spolié environ 120 hectares . Ces terres ont été utilisées par la cimenterie pour y planter des tabananis.
L’enfer promis à Me Wade n’a pas eu lieu. C’est vrai que c’est un déplacement à haut risque qui s’est terminé dans la quiétude malgré les sept (7) arrestations avant l’arrivée du Président. D’après les témoignages des uns et des autres, ces sept (7) jeunes du collectif de « Gouye Mouride » seraient arrêtés au quartier Colobane et conduits au commissariat de Rufisque.
À la place des abeilles et des choses mystiques, les Rufisquois ont fait plutôt recours aux pancartes et aux ports de brassards rouges pour manifester leur mécontentement. Mais là aussi, ce sont les enfants qui sont en premier plan à l’accueil. Ce qui suppose que ceux qui ont voté Me Wade lui ont tourné le dos. « Sococim a accéléré les travaux d’implantation du Jatropha à tel point qu’on arrive pas à comprendre les motivations non dites. Pour moi c’est une manière d’utiliser à la longue ces terres pour des carrières.
Elle n’a plus de terre pour étendre ses carrières qui sont épuisées », nous explique un maraîcher caché dans la foule. M. Ousseynou Ciss révèle que le différend qui entre la cimenterie et les populations se termine toujours par des escalades. Ainsi, en 2002 dit-il les jeunes de Bargny ont mené une véritable guérilla contre la Sococim. Et il a fallu l’intervention des forces de l’ordre pour rétablir la paix.
Par ailleurs, lors de son allocution devant les représentants, Me Wade appelle à la cohésion, car la société change de visage. Selon les acteurs, Sococim Industries est sur le point de déposer les statuts d’une fondation dont l’objet est la création de très petites entreprises (Tpe) génératrices d’emplois sur Rufisque et Bargny, par la mise en place de financements de type microcrédits.
Source : Le Matin
