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Youssou Ndour, star, homme d’affaires mais pas présidentiable

jeudi 14 février 2008

Le chanteur sénégalais Youssou Ndour est parti de presque rien et est devenu une star, puis un homme d’affaires. Il vient d’ajouter une corde à son arc en lançant sa société de micro-crédit mais refuse de se voir en présidentiable : « la politique, ça ne m’intéresse pas ! ».


Beaucoup lui ont prêté l’intention de se porter candidat à une élection présidentielle au Sénégal - la prochaine échéance est prévue en 2012 - mais c’est « non », a assuré Youssou Ndour dans un entretien avec l’AFP mercredi à Dakar, après le lancement de son projet de micro-crédit appelé « Birima ».

« Non, ça ne m’intéresse pas ! La politique, c’est une chose, ce que je fais en est une autre », a affirmé le chanteur, auteur de plus de 20 albums, un des artistes sénégalais les plus connus au monde et qui cumule les casquettes à 48 ans.

En avril 2007, il avait dit « réfléchir » à se lancer dans la politique pour répondre à de nombreuses sollicitations jusque-là ignorées, selon ses confidences rapportées alors par l’Agence de presse sénégalaise (APS). Une réflexion abandonnée.

« Ce que je fais est mieux et beaucoup plus adapté à moi-même, à mes compétences, à mon temps, à mes ambitions. Ce n’est pas la politique », assure-t-il.

« En dehors de la musique, je trouve toujours des activités nouvelles » tout en demeurant « quelqu’un de très sensible à ce qui se passe en Afrique. J’encourage, je dénonce et entreprend des choses sans que ça sorte du cadre de ma musique. Parce que je ne l’oublie jamais, je suis d’abord musicien, chanteur-compositeur », a encore expliqué Youssou Ndour.

Depuis sa naissance dans le quartier populaire dakarois de la Médina, ce fils d’un menuisier modeste et d’une griotte (chanteuse traditionnelle) a parcouru, grâce à la musique, un long chemin, qui l’a mené sur les plus grandes scènes et à côtoyer plusieurs dirigeants du monde.

Il a créé à Dakar un studio et une société de production qui, selon son entourage, réalise plus de la moitié des cassettes et CD vendus sur le marché sénégalais.

Son « écurie » compte des vedettes comme la chanteuse de soul-mbalakh (rythme sénégalais) Viviane Chidid, le chanteur de mbalakh Pape Diouf, les rappeurs Fou Malade et Pacotille, tous des stars au Sénégal et dans la région.

Youssou Ndour est par ailleurs patron de presse, chef d’une fondation caritative, militant de la lutte contre le paludisme, le sida, l’émigration clandestine, avocat pour l’enfance et désormais « banquier pour pauvres » avec Birima, doté de 200 millions de dollars (plus de 305.000 euros).

La société de micro-crédit ne sera pas son dernier projet, puisqu’il veut lancer « bientôt » une télévision au sein de son groupe de presse Futurs Médias, qui regroupe une radio et un quotidien.

« Nous travaillons énormément autour de cela, nous voulons faire une télévision de qualité, qui va être au-delà même des capacités nationales (et) prendra en compte les réalités de l’Afrique », a-t-il annoncé à l’AFP.

Ses détracteurs lui reprochent son hyperactivité, en doutant de la sincérité ou de l’efficacité de ses « trop » nombreux projets. Lui répond simplement : « non, je ne crois pas ».

« Je pense que c’est utile, toutes ces idées. Et si, par exemple, (...) on avait beaucoup de gens qui font cela en Afrique, je pense qu’on aurait une Afrique qui bouge, sans que tout soit (entre les mains) des gouvernants ».

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