Il n’y a pas de nouveaux ministres. Il y a quelques petites modifications d’intitulés dans l’attribution des fonctions. Et six Secrétariats d’Etat ont été annoncés et ajoutés à ceux qui existaient déjà, des secrétariats d’Etat qui reviennent principalement à des fidèles de Nicolas Sarkozy au nombre desquels Yves Jégo, qui prend l’Outre-mer en remplacement de Christian Estrosi démissionnaire, parce qu’élu à Nice. Hubert Falco, élu à Toulon au premier tour, et qui devient secrétaire d’Etat à l’Aménagement du territoire. Ou encore Nadine Morano archi-battue à Toul où elle finit en troisième position et pourtant nommée au gouvernement où elle s’occupera du secrétariat d’Etat à la Famille.
Les autres rentrants sont Anne-Marie Idrac au Commerce extérieur. Christian Blanc au Développement de la région capitale. Et Alain Joyandet qui s’occupera de Coopération et de Francophonie.
Nicolas Sarkozy solidaire dans la défaite
Par ailleurs, on remarquera que personne n’est débarqué. Xavier Darcos battu a Périgueux reste même en place. Une façon, pour le président, de montrer à sa majorité qu’il prend sa part de la défaite, qu’il n’est pas tout à fait étranger à ce qui s’est passé dimanche dernier, mais sans le formuler.
Deux récompenses tout de même à des vainqueurs. Promotion pour Laurent Wauquiez et Luc Chatel. Laurent Wauquiez devient secrétaire d’Etat à l’Emploi. Il rejoint Bercy. Et le second, Luc Chatel, occupera la place de porte-parole du gouvernement. Avec l’Industrie et la Consommation, le voilà désigné en exemple par Nicolas Sarkozy et François Fillon.
Nicolas Sarkozy a donc voulu rassurer sa majorité. D’ailleurs, contrairement à ce qui avait été annoncé, il n’a pas fait le choix du renforcement de l’ouverture, alors qu’on évoquait, il y a peu, l’arrivée de Claude Allègre.
Endosser les habits de président...
On remarquera que Nicolas Sarkozy n’est pas parti à la recherche de boucs émissaires, mais qu’au contraire, il a cherché à rassurer son camp, à lui redonner une cohésion mise à l’épreuve ces dernières semaines. Il y avait urgence. On a pu le constater, mardi, à l’occasion de la réunion des députés UMP pendant laquelle les réformes « faites à la hache » ont été dénoncées.
Nicolas Sarkozy a donc tiré quelques leçons de la défaite de sa majorité aux élections municipales et notamment, il a créé les nouveaux portefeuilles pour palier les insuffisances de la politique menée depuis 9 mois. Les nouvelles technologies, la famille, l’aménagement du territoire et le renforcement du commerce extérieur le prouvent.
Enfin, Nicolas Sarkozy a décidé de donner la direction du pôle politique de l’Elysée à Catherine Pégard. L’ancienne journaliste aura pour mission de dialoguer avec les élus et de les rassurer ; de mettre de l’huile dans des rouages plus ou moins grippés.
En résumé, le chef de l’Etat a quelque peu modifié le rapport de forces qui existait entre l’Elysée et Matignon et entre l’exécutif et le législatif. Il faut dire que les élus le réclamaient. Ils voulaient être mieux entendus. Et le Premier ministre, s’il s’est toujours posé en défenseur du président, se plaignait néanmoins du pouvoir accordé aux conseillers qui faisaient le « job » à la place des ministres.
Il semblerait que cette époque soit révolue. C’est peut-être cela endosser l’habit présidentiel.
source : rfi
